dimanche 4 décembre 2016

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Améliorer la qualité de l’air serait bénéfique pour les économies de santé

pollution

De nombreuses études ont démontré un lien entre pollution atmosphérique et augmentation de l’hospitalisation et de la mortali. On pense que si effectivement l’effet négatif de la pollution peut se fait sentir sur le long terme, il était donc intéressant de regarder aux heures où des pics de pollution apparaissent, la répercussion immédiate que cela pouvait avoir aux consultations des urgences des hôpitaux.

Des chercheurs canadiens ont réalisé cette étude en réunissant les données de deux états, l’Alberta et l’Ontario.

Ils ont obtenu, sur une période donnée, toutes les données de la pollution atmosphérique concernant le monoxyde de carbone (CO), le dioxyde d’azote (NO2-odeur que vous percevez dans les rues polluées par les gaz d’échappement des voitures), l’ozone (O3), le dioxyde de souffre (SO2) ainsi que la concentration dans l’air de particules (PM10 et PM2,5 sont des poussières plus ou moins grosses présentes dans l’air pollué). Puis ils ont analysé les causes, sur cette même période, de consultations aux urgences (400 000 visites) dans les 14 hôpitaux des deux états. Ils ont pu ainsi comparer pics de pollution et conséquences cliniques sur la population.

Pendant ces pics de pollution, sur l’ensemble de la population, les infections respiratoires, les infarctus du myocarde et les crises d’asthme sont les causes les plus fréquentes de consultation.

Chez les plus de 65 ans, les poussée d’insuffisance cardiaque sont la cause de consultation la plus fréquente, suivie des troubles respiratoires (bronchite chronique) et des infarctus cardiaques.

Monoxyde de carbone et dioxyde d’azote causent des problèmes cardiaques graves

L’augmentation du monoxyde de carbone (CO), dont les pics sont plus fréquents quand il fait chaud, augmente de 5,2% les consultations pour  infarctus et de 6,8% les consultations pour poussées  d’insuffisance cardiaque.

Chaque augmentation de 18,4 ppb de dioxyde d’azote (NO2) augmente de 4% les consultations pour infarctus du myocarde et de 7,2% celles pour insuffisance cardiaque.

L’ozone crée des problèmes pulmonaires graves

L’ozone double (+100%) les consultations pour broncho-pneumopathie durant les période chaudes par rapport au reste de l’année. Pour chaque augmentation de l’ozone de 18,4 ppb, les consultations aux services des urgences augmentent de 6,2%.

L‘augmentation des particules présentes dans l’air respiré (PM10 et PM2,5) a un effet immédiat sur les crises d’asthmes. Pour chaque augmentation de seulement 20,6 microgrammes par m3 les consultations pour asthme augmentent de 14%.

Cette étude démontre qu’une altération de la qualité de l’air, particulièrement riche en monoxyde de carbone (CO) et en dioxyde d’azote (NO2), a immédiatement des conséquences respiratoires mais surtout cardiaques, aiguës, sur la population alors qu’une augmentation de l’ozone entraine un accroissement des crises d’asthmes et de des bronchopathies (pathologies pulmonaires). Notamment l’augmentation des crises d’asthme est très fortement liée à la concentration de microparticules dans l’air (diesel)…Améliorer la qualité de l’air serait donc non seulement bénéfique pour la population jeune et âgée mais aussi pour les économies de santé !

Source

Air pollution and emergency departement visites for cardias and respiratory conditions : a multi-city time-series analysis
David M Stieb, Mieczyslaw Szyszkowicz, Brian H Rowe, Judith A Leech
Environmental Health 2009, 8:25doi:10.1186/1476-069X-8-25

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