jeudi 29 septembre 2016

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Faut-il interdire les fast-food pour faire reculer l’obésité?

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Voulant obtenir des résultats rapides dans la lutte contre l’obésité qui frappe leur population, en juillet 2008, la mairie de Los Angeles a pris la résolution d’interdire l’ouverture de nouveaux fast-food pour une durée de 1 an, dans tout le sud de la ville (South Los Angeles), une zone de 700 000 habitants.

Cette zone a été identifiée pour différentes raisons. On compte dans cette partie de la ville déjà 111 fast-food pour 100 000 habitants. Ils représentent presque 50% de la totalité des restaurants. L’indice de masse corporelle moyen des habitants est de 27,5 kg/m² pour une moyenne de 26 sur le reste de la ville, ce qui se traduit par une obésité touchant 25% de la population totale contre 18% dans le reste de la cité. Les apports caloriques moyens sont logiquement plus élevés de 15% avec en particulier un apport plus élevé en sucres et graisses par la consommation de snacks (330 Kcal contre 239 Kcal), de sodas (112 kcal contre 67 Kcal-sur ce sujet lire aussi l’article de Docbuzz: « Boire des sodas rend obèse ») et de bonbons (122 Kcal contre 87 Kcal). Les habitants de South Los Angeles regardent également plus la télévision (3,2 heures par jour), font moins d’activité physique et pour compléter ce tableau idyllique de l’american way of life, mangent plus souvent dans leur voiture.

Selon les auteurs, le bilan réel de cette action va être difficile à quantifier. En effet opposer les fast-food aux autres restaurants a peu de sens aujourd’hui car une nourriture riche en calories peut être trouvée dans les deux types de restaurant à des prix comparables : Ils donnent l’exemple du « Romano Macaroni Grill », qui va probablement devenir maintenant mondialement célèbre, ou un seul sandwich fait 1680 calories, c’est à dire l’équivalent de 3 Big Mac. En fait un repas dans un restaurant de Los Angeles apporte souvent plus de 2000 calories, sans compter une entrée qui peut en fournir jusqu’à 800 et un désert jusqu’à 1000 calories…soit deux jours des apports nécessaires en un seul repas…

Réguler l’apport calorique  dans l’assiette même du consommateur est donc jugé plus pertinent par les auteurs. Si cela peut sembler curieux dans le pays du non-interventionnisme de l’état, ce sont en fait les municipalités qui prennent l’initiative. San Francisco propose une taxe spécifique sur les échoppes proposant des boissons sucrées et New York a inscrit également une taxe sur ces boissons dans son budget 2010. Pour la mairie de San Francisco, une telle taxe compense l’ensemble les dépenses de santé générée par l’obésité… Quant-à la réduire ? Attendons les résultats de l’étude.

Source

Zoning For Health ? The Year Old Ban On New Fast Food restaurant In South LA (on twitter)
Roland Sturm, Deborah A. Cohen
Health Affairs 28, 6 (2009): w1088-w1097

L’étude est financée par RAND Health

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