dimanche 4 décembre 2016

Docbuzz

Retrouvez Docbuzz sur Twitter

Docbuzz est aussi sur Facebook

H1N1: qui est à risque?

ECU

Au 30 août 2009, l’OMS rapportait 254 206 cas de grippe H1N1 et 2837 morts soit une mortalité de 1%. Ce taux de mortalité est à comparer à celui de la grippe espagnole de 1918, 50 millions de morts pour 500 millions de patients infectés soit un taux de mortalité de 10% et de la grippe aviaire H5N1 qui a eu un taux de mortalité de 14 à 33%.

Deux articles publiés dans le JAMA (Journal of the American Medical Association) font le point sur les personnes les plus à risque de décéder de la grippe H1N1 à travers deux études menées à Mexico et au Canada:

Mexico:

Pendant la période de l’étude, il y a eu 5029 cas de grippe H1N1 et 97 décès enregistrés dans la ville de Mexico. Sur 899 patients admis dans les 6 hôpitaux participant à l’étude, une atteinte sévère s’est développée chez 58 d’entre eux. L’âge des patients s’étendait de 10 à 83 ans pour un âge moyen de 44 ans, 53% étaient des femmes. Seulement 2 mineurs de 10 et 14 ans ont été admis en unité de soins intensifs. Les patients avaient de la fièvre (58/58), des problèmes respiratoire (57/58) toux, essoufflement, sifflements respiratoires, une fatigue généralisée (41/58), des douleurs musculaires (35/58), des maux de tête (33/58), et des troubles digestifs (18/58), diarrhées et vomissements. Si dans leur majorité les patients étaient en bonne santé avant la contamination, les auteurs notent que 34,5% étaient obèses (IMC à 32), 34,5% étaient fumeurs, 26% étaient hypertendus, 17% diabétiques.

A l’arrivée à l’hôpital, ils étaient malades depuis 6 jours. La grande majorité (78%) avait reçu de l’oseltamivir (Tamiflu) ou du zanimivir (Relenza) avant l’hospitalisation, certains de l’amantadine. Le jour de leur hospitalisation, les radiographies pulmonaires montraient une atteinte bilatérale des poumons chez 95,6% des patients. Cinquante quatre ont nécessité une ventilation assistée du fait d’une importante détresse respiratoire. Parmi les 58 patients, 19 sont décédés dans les deux premières semaines dont 3 dans les 8 premières heures et 1 après 24 heures. A 60 jours, 41% des patients sévèrement atteints (28/58) étaient décédés. Les 2 enfants ont survécu. Les survivants se retrouvaient plus parmi ceux ayant reçu les médicaments antiviraux précédemment cités. L’obésité n’est pas retrouvée plus fréquemment chez les patients décédés que chez les survivants. On retiendra que 6,5% des patients hospitalisés sont décédés et que ceux qui ont eu accès à un traitement antiviral précocément ont eu plus de chance de survie.

Canada:

Entre le 16 avril et le 13 juillet 2009, 215 patients sévèrement atteints ont été hospitalisés dans les 38 unités de soins intensifs participant à l’étude; 168 avaient une atteinte confirmée ou probable d’infection par le virus H1N1. Parmi ces derniers, l’âge moyen était de 32 ans, 67% étaient des femmes (113/168 dont 13 enceintes), 30% étaient des enfants (50/168). Les comorbidités principales de ces patients étaient une maladie pulmonaire chronique (41%, dont asthme 22%), une obésité (33%), une hypertension (24%), un diabète (22%) ou un tabagisme (22%). A leur arrivée à l’hôpital, en moyenne 4 jours après le début des symptômes, les patients avaient une fièvre (90%), des troubles respiratoires (95%), une fatigue (56%) et des douleurs musculaires (41%). Un tiers avaient déjà une surinfection pulmonaire d’origine bactérienne (54/168) à leur arrivée. Les radiographies montraient une atteinte des deux poumons chez 70% des patients. Le traitement a nécessité chez 138/168 une ventilation assistée du fait d’une détresse respiratoire et 152/168 ont reçu des antiviraux, 166/168 des antibiotiques.

Parmi les 168 patients hospitalisés en unité de soins intensifs, 29 sont décédés dont 18 dans les 2 premières semaines soit une mortalité de 14,5% chez ces patients sévèrement atteints. La majorité étaient des femmes (72%) dont plusieurs étaient enceintes. Quatre enfants (4/50) sont également décédés. Ce sont ceux qui étaient le plus sévèrement atteints lors de l’admission et les plus âgés qui étaient les plus à risque de décéder.

Ces données montrent que le virus H1N1 produit une forme sévère essentiellement chez des sujets plutôt en bonne santé et plutôt jeunes (10-60 ans) et plus souvent des femmes. Si un risque d’infection plus élevé est noté chez les patients obèses, cela ne semble pas accroître le risque de mortalité. Les auteurs notent que ce pic de pandémie a créé un afflux en unité de soins intensif et que si un pic plus important devait se produire à l’arrivée de l’hiver, un manque de places disponibles serait à craindre.

Source:

Critically Ill Patients With 2009 Influenza A(H1N1) in Mexico
Guillermo Domínguez-Cherit, Stephen E. Lapinsky, Alejandro E. Macias
JAMA
. published online Oct 12, 2009; (doi:10.1001/jama.2009.1536)

Critically Ill Patients With 2009 Influenza A(H1N1) Infection in Canada
Anand Kumar, Ryan Zarychanski, Ruxandra Pinto
JAMA
. published online Oct 12, 2009; (doi:10.1001/jama.2009.1496)

Articles sur le même sujet