samedi 1 octobre 2016

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Les phytoestrogènes sont-ils dangereux pour la santé ?

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La luzerne contient un phytoestrogène, le coumestrol

Les phytoestrogènes sont très utilisés à travers le monde par les femmes pour limiter les effets gênants de la ménopause. Si auparavant les femmes utilisaient des oestrogènes, plusieurs grandes études ont démontré qu’ils augmentaient les risque de cancer du sein et de cancer de l’utérus. Ces traitements ont donc été pour l’instant abandonnés.

Les phytoestrogènes les ont donc remplacé. Ils agissent sur les mêmes récepteurs que l’œstrogène mais avec une puissance bien moindre. Il existe 3 variétés de phytoestrogènes : les flavonoides (genistéine, naringénine, kaempferol), le coumestan (coumestrol),  et les lignanes (enterodiol, enterolactone). Des scientifiques autrichiens ont réuni 92 études publiées sur ces phytoestrogènes afin de mener une analyse globale sur d’éventuels effets indésirables.

Cette analyse porte donc sur 9629 femmes dont 5522 étaient traitées par phytoestrogènes et 4806 servaient de groupe comparateur. Tous les effets secondaires dans les deux groupes ont été notés: effets gynécologiques, effets gastro-intestinaux, effets musculaires, effet neurologiques, ainsi que tout autre événement.

La prise de phytoestrogènes provoque des effets secondaires gastrointestinaux plus fréquents à type de constipation, douleur, flatulence…(141/5502 contre 107/4806). Il n’y a pas de différence entre les deux groupes pour les autres effets secondaires. En particulier, pas de différence significative d’hyperplasie endométriale (13 contre 6) ou de cancer du seins (11 contre 5). La survenue d’effets secondaires est d’autant moins fréquente que la prise de phytoestrogènes est durable. Ils touchent plus souvent les femmes de plus de 55 ans.

Cette étude rassurante a néanmoins ses limites; la durée moyenne de suivi n’est en effet que de 6 mois. On ne sait donc toujours pas si la prise prolongée sur plusieurs années de phytoestrogènes est capable de produire ou non un effet contraire. Une étude a rapporté des cas d’hyperplasie endométriale chez des femmes traitées pendant 5 ans. Cela n’a pas été retrouvé dans d’autres études.

Pour les auteurs, selon les données actuelles, une durée de traitement de deux années peut être recommandée.

Cette étude ne discute pas de l’efficacité des phytoestrogènes.

Source

Side effects of phytoestrogens: a metaanalysis of randomized trials
Clemens B. Tempfer
Georg FroeseGeorg HeinzeEva-Katrin BentzLukas A. HeflerJohannes C. Huber
The American Journal Of Medicine 2009 (122) vol 10: 939-946.e9

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