jeudi 29 septembre 2016

Docbuzz

Retrouvez Docbuzz sur Twitter

Docbuzz est aussi sur Facebook

Chez l’enfant, donner du paracétamol réduit l’efficacité des vaccins

Image 1

Il est fréquent qu’une vaccination chez un nourrisson déclenche une fièvre. L’utilisation prophylactique d’un antipyrétique (paracétamol) est donc, de manière empirique, devenu fréquent. Il était temps de faire le point sur les intérêts ou les inconvénients de cette pratique.

Les médecins ont inclus 450 enfants de 9-16 semaines venant en consultation pour une première vaccination. La moitié recevait du paracétamol en prophylaxie, (3 suppositoires à 8 heures d’intervalle dans les 24 heures qui suivent la vaccination), la seconde moitié ne recevait rien. Ils étaient revus pour une seconde injection à 12-15 mois et si possible recevaient le même protocole de traitement prophylactique par le paracétamol.

La température des enfants était suivie de près, matin et soir pendant les 3 jours qui suivaient la vaccination. Des prélèvements sanguins étaient effectués afin de vérifier  et de suivre l’efficacité du vaccin sur l’immunité de l’enfant (élévation des anticorps).

On retrouve une réduction de 40% à 50% des réaction fébriles >38° chez l’enfant recevant le paracétamol. Dans ce groupe, 94/226 (42%) lors de la première injection et  64/178 (36%) lors de la seconde, ont effectivement eu de la fièvre. En comparaison, 154/223(66%) et 100/172 (58%) ont eu de la fièvre dans le groupe sans traitement. En revanche, le paracétamol n’a pas d’effet sur la réduction du nombre de fièvres >39,5%.

Des effets secondaires ont été constatés chez 20% des enfants ayant reçu 1er vaccination+paracétamol et chez 23% des enfants ayant reçu la 1er vaccination seule. Des taux respectifs de 12 et 13% étaient retrouvés lors de la seconde injection.

Cependant, chez les enfants ayant reçu le paracétamol, qu’ils aient eu ou non de la fièvre, la vaccination a moins bien fonctionné et ces enfants avaient des taux d’anticorps protecteurs moins importants pour tous les sérotypes de pneumocoques, pour la diphtérie, pour le tétanos, pour la poliomyélite et pour l’haemophilus influenza B. Cela restait vrai même après la seconde injection.

Donc, si le paracétamol peut-être utile pour réduire une fièvre, il ne doit pas être recommandé car il réduit de manière significative l’immunité déclenchée par une vaccination. C’est la première fois qu’un tel effet est publié. Les conséquences cliniques de cette réduction de protection immunitaire n’ont pas encore été évaluées.

…Que cela ne vous empêche pas de consulter si votre descendant fait une forte fièvre après une vaccination…

Source

Effect of prophylactic paracetamol administration at time of vaccination on febrile reactions and antibodys responses in children: two open-label, randomised controlled trials
Roman Prymula, Claire-Anne Siegrist, Roman Chlibek, Helena Zemlickova, Marie Vackova, Jan Smetana, Patricia Lommel, Eva Kaliskova, Dorota Borys, Lode Schuerman
The Lancet, Volume 374, Issue 9698, Pages 1339 – 1350, 17 October 2009

Etude financée par GSK

Crédit photo Creative Commons by Inferis

Articles sur le même sujet