samedi 3 décembre 2016

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Gagner moins pour grossir plus

L’étude épidémiologique Obépi-Roche est réalisée tous les 3 ans. Elle a pour but d’évaluer l’évolution du poids des français (enquête réalisée auprès de 25 000 adultes). On parle de poids normal quand l’indice de masse corporelle (IMC) d’une personne est < 25, de surpoids quand 25 < IMC < 29,9 et d’obésité quand l’IMC > 30. La dernière mouture de cette enquète montre, en 2009, une situation encore aggravée par rapport à 2006 mais avant de présenter les détails du communiqué de presse, rappelons-nous d’abord les résultats de l’étude de 2006 :

En 2006, 12,4% de la population était obèse soit 5,2 millions de français (8,2% en 1997, 11,3% en 2003). Cela représente une augmentation de +9,7% par rapport à 2003 (l’augmentation était de +17% entre 1997 et 2000, et encore +17%  entre 2000 et 2003). L’obésité est plus fréquente chez les seniors et les populations aux revenus les plus faibles. Le Nord de la France, l’Est et le Bassin Parisien sont les plus touchés.

  • En 2006, 29,2% de la population est en surpoids, 35% des hommes et 23% des femmes,
  • Le tour de taille moyen est passé de 87,2 cm (2003) à 88 cm (2006),
  • La survenue de l’obésité débute de plus en plus tôt dans la vie touchant largement les enfants.

Les résultats de 2009 confirment que la situation s’aggrave depuis 12 ans ! En 2009, 14,5% de la population  est obèse soit 6,5 millions de français, une augmentation de 100% en 12 ans. L’obésité devient endémique dans le Nord de la France où elle atteint 20,5% (12,7% en 1997), dans l’Est 17% (10% en 1997) et le Bassin Parisien 16,6% (6,7 % en 1997). Le sud de la France est moins touché: PACA (11,5%), Rhône-Alpes (11,9%), mais la croissance reste du même ordre.

  • En 2009, 3,9% de la population a une obésité sévère (contre 1,5% en 1997),
  • La fréquence de l’obésité est plus importante chez les femmes (15,5%) que chez les hommes (13,9%),
  • Parmi la population en surpoids, on compte plus d’hommes (38,5%) que de femmes (26%),
  • 31,9% de la population est en surpoids : Ce sont les 25-34 ans qui grossissent dorénavant le plus +19,5% d’obésité dans cette tranche d’âge),
  • Les personnes aux revenus les plus faibles sont les plus touchés, 22% des personnes avec revenus <900 euros sont touchés par l’obésité.

Quelle politique pour lutter contre l’obésité? En faut-il une? Le ministère de la santé à mis en place le fameux mangerbouger.fr, et distribue quelques plaquettes sur l’alimentation dans les rues. Un projet de loi de taxation des boissons sucrées, qui sont reconnues par de nombreuses études comme une cause majeure de l’explosion de l’obésité (voir l’article Docbuzz), est pourtant arrivé jusqu’à l’Assemblée Nationale, non pas dans le cadre de la lutte contre l’obésité mais dans le cadre du financement de la sécurité sociale. Ce projet a été déposé par un député non-inscrit, Daniel Guarrigue. Et bien, tout comme fût enterré un rapport sur le même thème en 2008, en toute discrétion, le 29 octobre 2009, les députés n’ont pas voté cette loi.

Durant l’été, le rapport de l’IGAS et de l’IGS qui préconisait  de réévaluer la TVA, aujourd‘hui à 5,5%, sur les charcuteries, les matières animales, les chips, les biscuits salés, le chocolat, les fast-foods et les vendeurs de snacks a succombé à la canicule car « Les populations les plus défavorisées, qui se nourrissent le moins bien, pourraient être les plus touchées » justifiait certains…Ce sont justement les plus touchés par l’obésité…Rendez-vous donc dans trois ans pour une nouvelle étude Obépi-Roche avec un taux national d’obésité d’environ 17%…

Source

Etude Obépi-Roche

http://www.roche.fr/portal/eipf/france/rochefr/institutionnel/communiques

L’étude est financée par les laboratoires Roche

Crédit Photo Creative Commons by colodio


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