samedi 3 décembre 2016

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Des pharmaciens trainent Leclerc en justice

Des pharmaciens trainent Leclerc en justice

Deux groupements de pharmaciens ont assigné en justice le groupe de distribution Leclerc au sujet d’une campagne publicitaire sur les médicaments menée depuis fin novembre par l’enseigne et qu’ils jugent “dénigrante”, ont-ils indiqué mercredi dans un communiqué.

En mai dernier, le géant de la distribution avait déjà été condamné à une amende historique de … 2 000 € pour exercice illégale de la pharmacie après avoir commercialisé des tests de grossesse.

Dans un entretien accordé à France-Soir, Michel-Edouard Leclerc a ainsi déclaré : “Les pharmaciens doivent entendre que désormais un médicament qui n’est plus remboursé a un coût pour les gens. Et ce prix ne doit pas être surélevé sous le prétexte du monopole officinal. Ce n’est pas aux pharmaciens que je m’attaque [NDLR : ouf !], mais au mauvais accompagnement de la politique de déremboursement de bon nombre de médicaments, dont le prix flambe dès qu’il n’est plus soumis à une réglementation.”

Selon, Philippe Benfredj, pharmacien d’officine, « On risque de perdre une garantie de sécurité publique. Dans une grande surface, il n’y aura pas les obligations de traçabilité auxquelles nous sommes soumis », affirme-t-il. Celui-ci craint que la grande distribution n’applique à la pharmacie « une optique commerciale fondée sur le profit ». « Même s’il y a un docteur en pharmacie dans le magasin, il sera salarié de l’entreprise, et soumis à une obligation de résultats. »

De manière générale, il est intéressant de voir la différence faite entre médicaments non-remboursés et médicaments remboursés. Un médicament est un médicament, quel que soit son niveau de remboursement.

Ne pouvons-nous pas craindre qu’il s’agisse là d’une première prise de position avant d’investir pour de bon le marché de l’officine sur tous ses aspects en incluant à terme les médicaments remboursés ? A l’extrême, à quand la consultation médicale à l’entrée du rayon charcuterie pour obtenir l’ordonnance adéquate ?

Dans ce bras de fer, les pharmaciens d’officine seront-ils suffisamment organisés pour marquer leur territoire et montrer que délivrer une simple boîte de paracétamol implique d’autres responsabilités que de vendre des yaourts à base de bifidus ou des shampoings revitalisants même “testés en laboratoire” ?

Michel-Edouard Leclerc a déclaré “Il nous faudra quatre ou cinq ans pour faire bouger les choses. Il faut faire de la pédagogie. C’est le but de nos publicités. Puis viendra le moment où les pouvoirs publics seront obligés d’assumer les conséquences du déremboursement. Si, comme c’est prévisible, les 2 milliards que représente la médicamentation familiale viennent à ne plus être pris en charge, les consommateurs réclameront des baisses de prix.”

Je me permets juste une simple remarque de terminologie. Dans ce métier on ne parle pas de “consommateur” mais de “patient”.

La publicité Leclerc

Une riposte des pharmaciens (source : Pratis TV)

Source

Pharmacie Leclerc – “Nous ferons baisser les prix de 50 %”, France-Soir, 24/11/2009

Pharmacie Leclerc – Dans les officines parisiennes, l’initiative de Leclerc ne fait pas l’unanimité, France-Soir, 24/11/2009

«Les pharmaciens ne sont pas assez placés en concurrence», Challenges, 03/12/2009

Un centre Leclerc condamné à Quimper, AFP, 15/05/2009

Crédits photo : Noodlepie

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