lundi 5 décembre 2016

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La Grande Bretagne confirme officiellement la moindre gravité de la grippe H1N1

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Les premiers cas anglais de grippe H1N1 sont survenus environ un mois après ceux de Mexico en mars 2009. Initialement, le nombre de morts liés à la grippe H1N1 entre le 1 juin et le 8 novembre était estimé à 208, mais lorsque les vérifications ont été effectuées, seuls 138 correspondaient finalement aux critères de la grippe H1N1. On estime que 540 000 anglais ont eu la grippe (en fait les estimations varient entre 240 000 et 1 100 000), soit 1% de la population. Ainsi le taux de mortalité estimé est de 0,026% soit 2,7 cas par million d’habitants.

Les décès sont survenus chez des personnes de 0 à 88 ans, avec une fréquence plus élevée dans les tranches d’âges 5-14, 15-24, et moins élevée dans la tranche des plus de 65 ans. Avant de contracter la grippe A, deux tiers des patients souffraient déjà d’une maladie sévère ou incapacitante, le plus fréquemment une maladie respiratoire chronique ou un trouble neurologique. 67% des patients décédés rentraient dans la première catégorie des patients à risque défini par le ministère de la santé pour recevoir en priorité une vaccination. Cela confirme des données américaines retrouvant que 75 % des patients décédés de la grippe A faisaient partie des groupes à risque connus de la grippe. Leur décès est survenu 12 jours en moyenne après la contamination. La majorité est décédée à l’hôpital. 78% d’entre eux se sont vus prescrire des médicaments antiviraux.

Les auteurs reconnaissent qu’un taux de mortalité bien plus élevé était attendu. Un taux encore plus faible que les 0,026% de l’Angleterre a été retrouvé en Nouvelle Zélande avec 0,005%. Rappelons qu’il était de 2-3% lors de la pandémie de 1918 et de 0,2% lors de la pandémie de 1957.

Concernant la mise à disposition de traitements antiviraux et de la vaccination, la majorité des malades n’ont pas pu disposer des antiviraux dans les deux jours qui suivaient le début de leurs symptomes. Cela a pu avoir un impact qu’il est malheureusement impossible d’estimer faute d’étude. Même si les risques d’effets secondaires de ces antiviraux, comme ceux de la vaccination, sont à priori rares, ils deviennent d’autant plus préoccupants que les risques liés à la maladie sont faibles, en particulier chez les personnes en bonne santé précisent les auteurs.

Conclusion : La première pandémie du XXIe siècle est beaucoup moins léthale que prévu. Ce bilan mené en Grande Bretagne confirme que la majorité des décès surviennent au sein de groupes à risque qui doivent continuer à pouvoir bénéficier d’une vaccination.

Source

Mortality from pandemic A/H1N1 2009 influenza in England: public health surveillance study
Liam J Donaldson, Paul D Rutter, Benjamin M Ellis, Felix E C Greaves, Oliver T Mytton, Richard G Pebody, Iain E Yardley
BMJ 2009;339:b5213

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