samedi 1 octobre 2016

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Une étude française confirme le danger des maïs transgéniques Monsanto

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La sécurité alimentaire des Organismes Génétiquement Modifiés (OGM) agite la planète. Une équipe Française composés de scientifiques du CRIIGEN, de l’université de Rouen et de Caen a analysé les conséquences de la consommation de trois types de maïs transgéniques, sur 90 jours, la durée la plus longue jamais menée chez des êtres vivants nourris avec des OGM. Les OGM étudiés étaient, un maïs génétiquement modifié (NK 603) pour tolérer un desherbant puissant, le Roundup, et deux autres variétés de maïs génétiquement modifiés pour produire des insecticides (MON 810, MON 863). Ces trois variétés contiennent des résidus de pesticides qui se retrouvent dans l’alimentation.

L’étude a consisté à réanalyser les données obtenues dans les laboratoires de Monsanto et présentées pour obtenir les autorisations de commercialisation. Tout d’abord, les scientifiques mettent en évidence que les animaux sont nourris avec un pourcentage faible de maïs transgénique (11% ou 33%), le complément étant apporté par du maïs non transgénique ce qui évidemment introduit une source de confusion importante des résultats. Par ailleurs, les résultats comparant les animaux nourris avec du maïs transgénique sont en petit nombre (80 animaux dans une étude) par rapport au groupe comparateur nourris sans OGM  (320 animaux) ce qui induit là aussi des biais considérables aux études. Réalisant que toutes les données de ces études n’étaient pas disponibles contrairement à ce qu’imposent les lois Européennes, les scientifiques ont réussi à obtenir les données manquantes, soit en faisant appel à la justice soit en faisant appel à des pays étrangers (Suède), soit encore par l’intermédiaire des avocats de Greenpeace. En possessions de toutes les données, les scientifiques découvrent que les méthodologies statistiques utilisées permettent de minimiser un éventuel effet important des maïs transgéniques sur la santé des animaux. Par ailleurs, les méthodologies décrites en préliminaires des études fournies par Monsanto ne sont en fait pas celles utilisées dans la présentation des résultats des études. L’équipe française a donc refait l’ensemble des analyses statistiques. Voici leurs résultats:

Rats nourris par le NK 603 par rapport à des rats nourris avec un maïs non OGM

Les résultats démontrent un effet sexe dépendant et dose dépendant, les anomalies apparaissant en particuliers chez les mâles recevant une alimentation composée à 33% du maïs génétiquement modifié. Les anomalies constatées sont entre autres des modifications du poids du foie (+10%) et du coeur (+11%), des cellules de la moelle osseuse, des modifications de la biologie du foie et des reins, une augmentation de la créatinine urinaire, une réduction de l’urée, une augmentation du potassium urinaire et une augmentation de la créatinine sanguine.

Rats nourris par le MON 810 par rapport à des rats nourris avec un maïs non OGM

Les anomalies sont détectées après 14 semaines en particulier chez les animaux nourris avec 33% de maïs transgéniques. elles touchent cette fois surtout les femelles. On découvre ici une modification des cellules sanguines, du poids des reins et des surrénales (petites glandes localisées au sommet des reins) et de la rate, une augmentation de l’urée sanguine. Les mâles ont une diminution de la production hépatique d’albumine.

Rats nourris par le MON 863 par rapport à des rats nourris avec un maïs non OGM

Les anomalies touchent ici aussi bien les mâles que les femelles avec toutefois une atteinte plus particulière du rein chez les mâles. Il est constaté une augmentation de plus de 40% de la glycémie (sucre dans le sang) et des triglycérides (graisses présentes dans le sang) avec une augmentation du poids du foie et une augmentation du poids total des animaux (+3,7%). Les femelles ont une augmentation de l’urée sanguine et du chlore urinaire, les mâles, une augmentation de la créatinine sanguine, du sodium urinaire (sel), du potassium urinaire et du phosphore urinaire avec une augmentation du poids des reins de +7% conduisant fréquemment à une néphropathie chronique (altération grave du fonctionnement des reins). Ces anomalies s’accroissent avec la durée d’alimentation en maïs transgénique.

Clairement, ces analyses démontrent de véritables signes de toxicité. Les scientifiques appellent à des études comparatives menées chez d’autres mammifères ainsi qu’à des études durant plus longtemps sachant que les maladies comme le cancer, les anomalies du système immunitaire, des anomalies de la reproduction, et des maladies neurologiques  sont susceptibles d’apparaître seulement après 1 ou 2 ans. Elles doivent être menées absolument chez un plus grand nombre d’animaux et respecter les nécessités statistiques. Actuellement, les instances régulatrices approuvent une alimentation transgénique sur des données de court termes (- de 3 mois), alors que les OGM sont présents dans l’alimentation de millions d’hommes et d’animaux à travers le monde. Les analyses menées par l’équipe française modifient complètement l’interprétation des résultats présentés par Monsanto. Elles montrent en particulier des anomalies importantes et différentes en fonction du sexe des animaux et des variétés de maïs, au niveau du foie et des reins, les deux principaux organes de “nettoyage” du sang. Le cœur, les surrénales, la rate, les cellules sanguines sont également fréquemment atteints. Ces nouvelles données ne doivent pas être ignorées.

Source

A Comparison of the Effects of Three GM Corn Varieties on Mammalian Health (texte complet disponible)
Joël Spiroux de Vendômoisi, François Roullier, Dominique Cellier, Gilles-Eric Séralini
International Journal of Biological Sciences

Crédit Photo Creative Commons by  fturmog

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