Mercredi 20 août 2014

Docbuzz

Retrouvez Docbuzz sur Twitter

Docbuzz est aussi sur Facebook

Newsletter

ChargementChargement


Diane de Poitiers est morte d’un empoisonnement à l’or

Diane

Des scientifiques français confirment que la mort de Diane de Poitiers est liée à un empoisonnement chronique et volontaire à l’or.

Femme à la beauté légendaire, Diane de Poitiers, née en 1499, fut, après avoir été sa préceptrice, la maîtresse du roi Henri II de 1536 à 1559. Il lui fit construire le château d’Anet en Eure et Loire en 1547. Elle s’y retira à la mort du roi en 1559 et y fut inhumée en 1566. Pour mener à bien leur enquête, les scientifiques ont tout d’abord du retrouver le corps de Diane qui avait été déplacé à la révolution. Cette histoire et l’analyse des restes de la maîtresse royale sont  racontés par un article du British Médical Journal, relayé par un film (lien ci-dessous) à voir absolument.

C’est en 2008 que les scientifiques français ont retrouvé le corps de Diane de Poitiers qu’ils ont pu formellement identifier par plusieurs moyens. D’abord en raison de lésions d’arthrose sévères, des pertes de dents qu’elle subit de son vivant, et d’une fracture consolidée du tibia et du péroné, survenue lors d’une chute de cheval, et traitée par le fameux chirurgien Amboise Paré. Ils ont pu comparer la dimension de ses os avec les proportions de la statue de marbre “Diane Chasseresse” qui se trouve au Louvre. La mandibule retrouvée correspondait également parfaitement au portrait de Diane réalisé par Clouet (image ci-dessus). Les scientifiques ont obtenu un indice supplémentaire. Lors de la violation de la sépulture de Diane de Poitiers, un révolutionnaire avait arraché une mèche de cheveux et un morceau de cuir chevelu, conservés actuellement au château d’Anet, qui allaient permettre des analyses complémentaires.

Selon Pierre de Bourdeille, dit Brantôme, l’historiographe des grandes dames de la renaissance, Diane de Poitiers entretenait sa beauté grâce à un exercice physique régulier et à un élixir de jouvence, une potion d’or : “J’ai vue Madame la Duchesse de Valentinois en l’age de soixante-dix ans, aussi belle de face, aussi fraîche et aussi aimable comme en l’age de trente ans [...] Et sur tout elle avait une très-grande blancheur, et sans se farder aucunement; mais on dit bien que tous les matins elle usait quelques bouillons composé d’or potable et autres drogues, fabriqués par les bons médecins et subtils apothicaires. Recueil des dames, poésies et tombeaux.”

Les auteurs racontent que cette croyance selon laquelle l’or serait régénératrice remonte à l’antiquité. Pline l’ancien, décrit la préparation de deux remèdes utilisant de l’or. Au XIIIe siècle, des alchimistes décrivent une recette d’or potable, “aurum potabile”. Sa réalisation utilisait de l’acide nitrochlorhydrique, un mélange d’acide nitrique et d’acide chlorydrique, encore appelé eau régale. Un autre procédé consistait à distiller des solutions alcooliques avec de l’acide sulfurique, produisant du diethylether qui dissolvait l’or et permettait d’obtenir un beau liquide jaune. L’or potable était bien connu de la cour au XVIe siècle.

Une teneur en or augmentée de 500 fois par rapport à la normale a été retrouvée dans les cheveux de Diane de Poitiers accréditant la thèse de l’empoisonnement à raison de quelques gouttes quotidiennes mélangées à un alcool. Réalisant des prélèvements sur une vertèbre, les scientifiques découvrirent non seulement des résidus d’or mais aussi de mercure, fréquemment utilisé pour la préparation du breuvage. La consommation de l’or avait pour effet de rendre les cheveux fins et fragiles, de créer une fragilité osseuse et dentaire et de rendre la peau très blanche.

Les restes de Diane de Poitiers ont été replacés au sein de la chapelle du Château d’Anet.

Regardez la vidéo réalisée par le British Medical Journal.

Le film est en Anglais mais est facilement compréhensible et les intervenants, français, s’expriment parfois dans notre langue.

Image 13

Source

A gold elixir of youth in the 16th century French court
Philippe Charlier, Joël Poupon, Isabelle Huynh-Charlier, Jean-François Saliège, Dominique Favier, Christine Keyser, Bertrand Ludes
BMJ.2009; 339: b5311

Crédit photo :  Portrait de Diane de Poitiers par François Clouet 1571. National Gallery of Art, Washington.

Articles sur le même sujet