mercredi 28 septembre 2016

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Davantage de science dans les politiques de santé publique !

Pour clôturer une année en pleine ébullition médiatique autour de la grippe H1N1, l’une des revues médicales les plus prestigieuses, le New-England Journal of Medicine consacre un éditorial sur certaines politiques de santé publique hasardeuses ayant cruellement manqué d’une approche scientifique rigoureuse.

Lorsque la grippe aviaire a émergé en 1997, le monde se préparait à devoir affronter tôt ou tard une pandémie. La pandémie devait démarrer en Asie et tuer de très nombreuses personnes. La grippe H1N1 n’a pas véritablement suivi les prédictions : au lieu de démarrer en Asie, elle a choisi Mexique et la mortalité s’est avérée bien inférieure à ce qui était prévu.

Clairement, les mesures mises en place depuis 1997 ont permis d’anticiper et de préparer une réponse mondiale à la pandémie. Les réponses sur le plan de la santé publique ont néanmoins manqué d’une démarche scientifique : tenter de fermer la frontière mexicaine, isolation des personnes infectées, fermetures des écoles, ce qui ne manque pas d’impacter les enfants sur leur programme d’apprentissage, ainsi que les parents et les entreprises qui ont du faire face à cette désorganisation des structures sociales.

La Chine a pratiqué des mises en quarantaine afin de ralentir la propagation de la maladie. Des systèmes thermiques visaient à détecter les poussées de fièvre dans des lieux publics alors qu’un quart des personnes contaminées ne présentaient pas de fièvre.

Les méthodes de détection s’appuyant sur la technique de RT-PCR sont particulièrement coûteuses et inapplicables à grande échelle. De plus, elle entraîne des faux positifs chez des personnes qui ne sont plus à risque de contaminer leur entourage, risquant leur marginalisation inutile.

Il sera capital d’évaluer scientifiquement toutes ces mesures ayant conduit à des pratiques d’isolement social.

Le moyen le plus efficace de se protéger contre l’arrivée d’une pandémie, c’est la vaccination. Le développement et la production en masse de vaccins contre la grippe H1N1 a marqué le triomphe de la médecine moderne.

Cependant, même les Etats-Unis n’ont pas réussi le challenge qu’ils s’étaient fixé : pouvoir produire un vaccin dans des quantités suffisantes pour vacciner leur propre population dans les 6 premiers mois d’une pandémie.

Il conviendra également d’améliorer l’utilisation de l’outil médiatique. La communication négative autour de la sécurité et l’efficacité du vaccin n’a pas permis d’éduquer le public convenablement.

Espérons que les agences et ministères concernés analyseront et tireront des conséquences pratiques de cette affaire grippe H1N1 2009…

Source

The need for science in the practice of public health.
Lurie N.
N Engl J Med. 2009 Dec 24;361(26):2571-2. Epub 2009 Dec 9. No abstract available.

Crédits photo : Brittany G

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