Le manque de sommeil rend les ados dépressifs

Les adolescents ayant l’autorisation de se coucher tard (c’est à dire minuit et au delà) et dormant peu sont plus souvent dépressifs.

Des chercheurs américains ont voulu évaluer l’impact d’une autorisation parentale d’aller au lit tardive et d’un manque de sommeil sur la survenue d’une dépression. Il a notamment déjà été montré que le manque de sommeil précédait une dépression.

Deux explications possibles :

  • soit le manque de sommeil augmente le risque de dépression
  • soit le manque de sommeil n’est qu’un symptôme précoce d’une dépression

Tout l’intérêt de cette étude était de considérer un facteur extérieur et donc plus objectif sur l’heure du coucher, l’autorisation parentale, par opposition à l’heure à laquelle choisit de se coucher un adolescent.

Ce sont donc plus de 15 000 ados de 12 à 18 ans qui ont participé à cette étude. Près de 70% d’entre eux ont expliqué respecter les heures de coucher imposées par leurs parents et deux tiers des « fraudeurs » s’endorment dans l’heure suivant l’heure limite.

Les adolescents « bénéficiant » d’une autorisation de coucher au delà de minuit ont 24% de risque supplémentaire de souffrir de dépression et 20% de risque supplémentaire d’avoir des idées suicidaires par rapport aux adolescents devant se coucher au plus tard à 22 heures.

Ce risque n’est plus significatif chez l’adolescent qui estime avoir suffisamment d’heures de sommeil.

Ce mécanisme s’expliquerait par le fait que le manque de sommeil perturbe les réponses cérébrales  émotionnelles. Il serait également responsable de troubles de l’humeur perturbant à terme les relations sociales et favorisant donc la survenue d’une dépression.

Enfin le manque de sommeil favoriserait les idées suicidaires en altérant le jugement, la concentration et le contrôle des impulsions.

Les auteurs concluent qu’il appartient au parents de fixer une heure de coucher plus raisonnable s’ils souhaitent protéger les adolescents de la dépression et des idées suicidaires.

Source

Earlier parental set bedtimes as a protective factor against depression and suicidal ideation.
Gangwisch JE; Babiss LA; Malaspina D; Turner JB; Zammit GK; Posner K.
Sleep 2010;33(1):97-106.

5 thoughts on “Le manque de sommeil rend les ados dépressifs

  1. Que les parents fixent des heures raisonnable de coucher me semble indispensable; En revanche, je maintiens que le lien de causalité est discutable. Il s’agissait du recueil des habitudes familiales (existence ou non d’un consigne pour les ados de se coucher, ainsi que d’une heure limite précisée) et non pas d’une mise en pratique pour l’étude. Si l’on regarde les risques de dépression en fonction de la consigne de coucher et de l’ajustement pour différents paramètres (âge, sexe, race, statut parental, attention des parent, durée de sommeil rapportée par les ados et satisfaction de la durée de sommeil) comme les auteurs le font dans leur modèle 4, la consigne en soit n’entraine pas de modification du risque, en revanche ressort la durée de sommeil (faible !) et le sentiment de l’attention des parents vis à vis des enfants. Donc on voit bien que les facteurs confondants sont multiples et peuvent orienter différemment l’interprétation.

  2. Excellent comme analyse.
    N’étant pas une scientifique mais qu’un parent préoccupée par l’état dans lequel se trouve ma fille de 15 ans présentement. Cette belle grande n’a pas réussi à se donner une organisation efficace pour accomplir ses tâches scolaires , ne veut pas d’aide et procrastine jusqu’à la dernière limite des échéanciers pour la remise des travaux d’école ou autre.
    Elle se couche toujours trop tard – bien après les 23h et plus tard parfois et les fins de semaines, fait du chatting à notre insu.
    Vos commentaires vont vraiment dans le sens de mes observations. Ce qui m’inquiète grandement. Ma fille éprouve des problèmes d’humeur(ce qui affecte notre relation de manière importante), elle échappe tout, se frappe ici et là,escamote la préparation de son lunch pour l’école,commet des oublis parfois conséquentiels importants,demontre un je menfoutisme effarant par rapport au scolaire,exerce un esprit critique exacerbé contre tout et contre le système scolaire en particulier,(toujours trop de travaux et de devoirs) et j’en passe… Je me demande si vous pouvez me donner plus d’information par rapport aux effets et conséquences du manque de sommeil sur le biologique et les réponses du cerveau. Merci. Mcl

  3. Je suis très réservé sur ce genre d’analyse basée sur les statistiques sans explication de fonds.

    En tous cas, je cite ma propre expérience : j’ai probablement fait une dépression au collège, car souffrant d’une pression et d’un autoritarisme parental que je ne supportais plus, et qui passait notamment par l’obligation d’aller au lit de bonne heure. Par contre, j’ai été très heureux au lycée, où j’ai joui d’une liberté totale (et où je me suis mis au travail par moi même !), et là je me couchais extrêmement tard !

    Donc il ne faut rien généraliser …

  4. l’analyse d’une population est justement ce qui permet de sortir d’un cas personnel pour apporter un éclairage sur un risque qui peut être faible voir inexistant chez un individu isolé mais qui sera alors retrouvé au sein d’un groupe élargi.
    Merci de votre commentaire

  5. ouai ba cest sur quand tu dors 5 h tu pète un plomp moi sa été mon cas jarrivais pu a accepter mes propres émotions, j’avais crée une peur lié a moi et depuis que je me lève tard je suis plus violente et a arreter d’avoir des idée négative des envie de me tuer ou de me mutiler pour me venger de m’avoir pas laissé dormir, car je me couche tard jusque 1h ou 2h a ruminer. fin bref

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