jeudi 29 septembre 2016

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Le manque de sommeil rend les ados dépressifs

Les adolescents ayant l’autorisation de se coucher tard (c’est à dire minuit et au delà) et dormant peu sont plus souvent dépressifs.

Des chercheurs américains ont voulu évaluer l’impact d’une autorisation parentale d’aller au lit tardive et d’un manque de sommeil sur la survenue d’une dépression. Il a notamment déjà été montré que le manque de sommeil précédait une dépression.

Deux explications possibles :

  • soit le manque de sommeil augmente le risque de dépression
  • soit le manque de sommeil n’est qu’un symptôme précoce d’une dépression

Tout l’intérêt de cette étude était de considérer un facteur extérieur et donc plus objectif sur l’heure du coucher, l’autorisation parentale, par opposition à l’heure à laquelle choisit de se coucher un adolescent.

Ce sont donc plus de 15 000 ados de 12 à 18 ans qui ont participé à cette étude. Près de 70% d’entre eux ont expliqué respecter les heures de coucher imposées par leurs parents et deux tiers des “fraudeurs” s’endorment dans l’heure suivant l’heure limite.

Les adolescents “bénéficiant” d’une autorisation de coucher au delà de minuit ont 24% de risque supplémentaire de souffrir de dépression et 20% de risque supplémentaire d’avoir des idées suicidaires par rapport aux adolescents devant se coucher au plus tard à 22 heures.

Ce risque n’est plus significatif chez l’adolescent qui estime avoir suffisamment d’heures de sommeil.

Ce mécanisme s’expliquerait par le fait que le manque de sommeil perturbe les réponses cérébrales  émotionnelles. Il serait également responsable de troubles de l’humeur perturbant à terme les relations sociales et favorisant donc la survenue d’une dépression.

Enfin le manque de sommeil favoriserait les idées suicidaires en altérant le jugement, la concentration et le contrôle des impulsions.

Les auteurs concluent qu’il appartient au parents de fixer une heure de coucher plus raisonnable s’ils souhaitent protéger les adolescents de la dépression et des idées suicidaires.

Source

Earlier parental set bedtimes as a protective factor against depression and suicidal ideation.
Gangwisch JE; Babiss LA; Malaspina D; Turner JB; Zammit GK; Posner K.
Sleep 2010;33(1):97-106.

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