samedi 3 décembre 2016

Docbuzz

Retrouvez Docbuzz sur Twitter

Docbuzz est aussi sur Facebook

Nous sommes à 8 % constitués de virus

L’époque est aux virus. Une étude publiée dans la revue Nature démontre que 8% des gènes humains ne proviennent pas de nos ancêtres mais de matériel génétique provenant de virus. 8% de l’ADN humain provient d’inclusions de matériel génétique appartenant à des bornavirus, des virus dont la réplication (multiplication) se passe dans le noyau des cellules qu’il infecte, l’endroit où justement est stocké notre ADN.

L’intégration de matériel génétique provenant d’un virus se dénomme endogénisation. Jusqu’alors, on pensait cela possible seulement avec les rétrovirus. Les bornavirus ont été ainsi nommés suite à un épisode infectieux dont ils auraient été responsable en Allemagne dans la ville de Borna, décimant un régiment de cavalerie. Ils infectent les neurones. Les bornavirus ont justement été impliqués dans différentes maladies psychiatriques tels que la dépression et les troubles bipolaires (association de dépression et de manie).

C’est justement l’hypothèse étayée par le Professeur Cédric Feschotte dans le second article, que le bornavirus soit responsable de plusieurs pathologies psychiatriques telles que la schizophrénie ainsi que les deux autres précédemment citées.

Le bornavirus infecte également nombre d’autres mammifères, cheval, vache, mouton, chien, renard… ainsi que les oiseaux.

Source

Endogenous non-retroviral RNA virus elements in mammalian genomes
Masayuki Horie, Tomoyuki Honda, Yoshiyuki Suzuki, Yuki Kobayashi, Takuji Daito, Tatsuo Oshida, Kazuyoshi Ikuta, Patric Jern, Takashi Gojobori, John M. Coffin & Keizo Tomonaga
Nature, 2010; 463 (7277): 84 DOI: 10.1038/nature08695

Virology: Bornavirus enters the genome
Cédric Feschotte.
Nature, 2010; 463 (7277): 39 DOI:10.1038/463039a

Bornavirus et maladies psychiatriques :

Borna disease virus infection, a human mental-health risk
Bode L, Ludwig H
Clin. Microbiol. Rev. 16 (3): 534–45

A borna virus cDNA encoding a protein recognized by antibodies in humans with behavioral diseases”
VandeWoude S, Richt JA, Zink MC, Rott R, Narayan O, Clements JE (November 1990).
Science 250 (4985): 1278–81

Crédit photo Creative Commons by ynse

Articles sur le même sujet