samedi 3 décembre 2016

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PFOA : Votre poêle fait du mal à votre thyroïde

Cette étude fait le lien entre la contamination par les composants chimiques utilisés dans la fabrication des ustensiles de cuisine, et les maladies de la thyroïde. Ces composants sont le PFOA (acide perfluorooctanoïque) et le PFOS (sulfonate de perfluorooctane), entrant dans la composition de l’anti-adhérant que l’on retrouve au fond des poêles et des casseroles. L’étude démontre que les patientes présentant des taux élevés de PFOA ont plus souvent une maladie thyroïdienne, relançant encore une fois le débat sur les risques d’exposition à ces substances.

Ces polluants pénètrent l’organisme lorsque l’on se nourrit d’aliments cuits dans des récipients recouvert d’antiadhérant. Ils s’accumulent dans l’organisme. Il faut entre 3 et 5 années pour éliminer 50% d’une quantité absorbée de PFOA/PFOS. On peut les retrouver dans les urines, le lait maternel, le sperme, et le sang du cordon ombilical. C’est en se fixant sur des récepteurs qu’ils sont susceptibles de perturber les cycles hormonaux et en particulier celui responsable de la sécrétion des hormones de la thyroïde. Chez l’animal, ils diminuent les hormones thyroïdiennes; cela n’a pas encore été prouvé chez l’homme.

Les scientifiques ont obtenus des dosages de PFOA de 3974 personnes de plus de 20 ans recrutés au sein d’une base de données épidémiologique. Le taux moyen de PFOA était plus élevé chez les femmes. Le taux de PFOS était plus élevé chez les hommes. Ils ont ensuite recherchés ceux qui avaient une maladie thyroïdienne ou qui prenaient des hormones thyroïdiennes de substitution. 292 femmes sur 2066 (16%) et 69 hommes sur 1900 (3,06%) présentaient une maladie thyroïdienne.

En comparant les taux retrouvés de PFOA chez les patients qui avaient une maladie thyroïdienne avec celui des patientes indemnes, le risque de maladie thyroïdienne apparaît multiplié par 2,24, pour un taux de PFOA supérieur à 5,7 ng/ml. Chez l’homme le risque est multiplié par 2,12.

Concernant le PFOS, une association similaire, avec une multiplication du risque par 2,68 est retrouvé chez l’homme pour des taux de PFOS supérieurs à 36,8 ng. Cette association n’a pas été retrouvé pour le PFOS chez la femme.

Association Between Serum Perfluoroctanoic Acid (PFOA) and Thyroid Disease in the NHANES Study
David Melzer, Neil Rice, Michael H. Depledge, William E. Henley, Tamara S. Galloway
Environnemental Health Perspectives, On line 20 january 2010

Crédit photo Creative Commons by KaCey97007

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