samedi 1 octobre 2016

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Combustion spontanée humaine…Mythe ou réalité?

Une femme de 50 ans a été retrouvée mercredi 3 février morte à son domicile. Lorsque la police a pénétré à l’intérieur de la maison, elle l’a retrouvé assise sur une chaise, entièrement carbonisée. Le feu ne s’était pas étendu à l’appartement. Une bouteille d’alcool ou plusieurs en fonction des articles de presse, ont été retrouvées à ses côtés, ainsi que des cigarettes et un briquet. Le dégagement des fumées a néanmoins asphyxié le petit chien.«L’autopsie pratiquée ce matin (vendredi) a révélé que la victime, qui habitait le centre-ville, n’a été ni assommée ni l’objet de violences par coups ou par arme à feu. Tout ce que l’on sait, c’est qu’elle a été retrouvée entièrement carbonisée», a expliqué le procureur de la république.

Est-ce un cas de combustion spontanée humaine? Peu de scientifiques acceptent la réalité de la combustion spontanée humaine. Pourtant, déjà en 1725, accusé du meutre de sa femme retrouvé calcinée sur le sol de sa cuisine, un  certain Monsieur Millet échappe à une condamnation, lorsque la mort de sa femme est requalifiée de “combustion humaine”. Dupuytren, en 1830 décrit ce qu’est pour lui la combustion spontanée : « Voici comment les choses doivent se passer le plus souvent : une femme rentre chez elle, après avoir pris une dose plus ou moins forte de liqueurs spiritueuses, il fait froid, et pour résister à la rigueur de la saison, un peu de feu est allumé. On s’assied sur une chaise, une chaufferette placée sous les pieds. Au coma provoqué par les liqueurs spiritueuses vient se joindre l’asphyxie déterminée par le charbon. Le feu prend aux vêtements… Les vêtements s’enflamment et se consument ; la peau brûle, l’épiderme carbonisé se crevasse, la graisse fond et coule au dehors ; une partie ruisselle sur le parquet, le reste sert à entretenir la combustion ; le jour arrive et tout est consumé. »

Plusieurs cas ont émaillé le vingtième siècle, continuant à faire planer comme un goût de surnaturel sur ces mystérieux cas de combustion. Très souvent, des cigarettes et de l’alcool étaient néanmoins retrouvés près du corps pouvant expliquer au moins le début de l’inflammation.

L’explication la plus rationnelle est fournie par le médecin légiste D.J. Gee en 1965. Il prouve que la graisse humaine, en brûlant, dégage assez de chaleur pour poursuivre sa propre combustion. Et si une chaleur d’au moins 250° est nécessaire à l’ignition de la graisse, une température de 24° est ensuite suffisante pour poursuivre une lente combustion, le corps continuant à se consumer comme une chandelle.

Source

Montbrison : une femme meurt mystérieusement brûlée, Le Progrès.fr

Une femme retrouvée carbonisée dans d’étranges circonstances, 20 minutes.fr

La combustion spontanée du corps humain : mythe ou réalité ? par Michel Rouzé – SPS n° 168, juillet-août 1987

Spontaneous human combustion: a sometimes incomprehensible phenomenon
Gromb S, Lavigne X, Kerautret G, Grosleron-Gros N, Dabadie P
J Clin Forensic Med. 2000 Mar;7(1):29-31.

Ouvrage sur le sujet :Forensic medicine: clinical and pathological aspects par Jason Payne-James,Anthony Busuttil,William S. Smock (page 370)

Crédit Photo Creative Commons by foreversouls

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