samedi 3 décembre 2016

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Syndrome d’hyperactivité et d’inattention de l’enfant (TDAH): le plomb serait un coupable

Plusieurs études se sont concentrées sur l’hérédité pour expliquer la survenue d’un syndrome d’hyperactivité et d’inattention de l’enfant (TDAH), en particulier grâce à des études menées chez des jumeaux. La gravité de ce syndrome demeure extrêmement variable entre les enfants tout comme à différentes périodes de la vie. Il peut dans certains cas disparaître totalement à l’âge adulte. Environ 70% des variations de l’hyperactivité ou de l’inattention mesurées chez les enfants, semblent liées aux variations génétiques. Les 30% restant sont pour l’instant inexpliqués. C’est pourquoi, l’existence d’un élément toxique a longtemps été suspecté. Parmi les suspects, le plomb est le candidat principal.

D’abord parce que la pollution au plomb touche toute la population, mais aussi parce que sa toxicité particulière, le plomb est un agent neurotoxique, pourrait expliquer les signes cliniques retrouvés au cours du syndrome d’hyperactivité et d’inattention de l’enfant. Ensuite, parce que le plomb a des effets toxiques sur le cerveau en développement, par exemple au niveau du striatum et du cortex préfrontal, deux zones d’importance dans le TDAH. Enfin, parce qu’il a montré une toxicité caractéristique dans des études menées chez les animaux.

Le taux sanguin de plomb est jugé toxique lorsqu’il atteint 10 ug/dL. Des expositions supérieures ont montré qu’elles provoquaient des atteintes cognitives graves, des troubles importants du comportement et des problèmes d’inatention et d’hyperactivité. Une élévation du taux sanguin de plomb s’associe à une diminution du QI. Il y a trois ans, une étude américaine a retrouvé un taux sanguin de plomb plus élevé chez des enfants dont les parents les pensaient atteint d’un TDAH. Il manquait une telle confirmation chez des enfants formellement diagnostiqués comme ayant un TDAH. L’équipe du Dr Nigg a publié une telle étude en 2008. Elle montrait d’ailleurs que le taux sanguin de plomb était significativement plus élevé chez les enfants touchés que chez des enfants sains, et que le taux de plomb était corrélé aux symptomes d’hyperacivité/impulsivité mais pas aux signes d’inattention. Cependant, ce résultat a été cretrouvé au sein d’un groupe beaucoup plus important (publication à paraître). Dans cette seconde étude, le taux de plomb est corrélé à la capacité cognitive et à l’hyperactivité, tout comme aux problématiques d’attention. C’est probablement en perturbant le circuit striatum-cortex frontal, que le plomb altère le contrôle cognitif et en retour contribue à l’hyperactivité.

Ces recherches semblent bien désigner le plomb comme une des coupables dans la survenue des TDAH, et cela même à des taux largement inférieurs à ce qui est aujourd’hui considéré comme toxique par les instantes de santé.

Attention-Deficit/Hyperactivity Disorder: Endophenotypes, Structure, and Etiological Pathways
Joel T. Nigg,
Current Directions in Psychological Science, February, 2010

Crédit Photo Creative Commons by jm3

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