samedi 3 décembre 2016

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Les meilleures et les pires facultés de médecine de France

C’est la première fois que L’Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (AERES) effectue une analyse comparative des facultés de médecine à partir de l’évaluation de leurs performances en formation et en recherche.

La performance en formation est estimée sur les résultats obtenus par les étudiants de médecine d’une faculté à l’examen classant national (ECN) d’entrée en troisième cycle (le rang de classement à cet examen pendant 3 années successives).

Les activités de recherche ont été estimées à partir des publications scientifiques réalisées pendant 5 années consécutives (on mesure un score à partir de l’impact factor des revues dans lesquelles les travaux sont publiés (score SIGAP). Plus une revue est importante scientifiquement, plus elle est lue, plus ses articles sont repris en référence, plus son impact factor est élevé, plus le score obtenu par l’université est élevé, et inversement), ainsi qu’à partir du nombre de projets de recherche financés pendant 3 années consécutives , et à partir du nombre d’unités de recherche labellisées par le CNRS ou l’INSERM. A noter que la faculté de médecine des Antilles a été exclue de ce classsement.

Il est important de noter que les auteurs rassurent tout de suite le lecteur en indiquant dès la première ligne que ” Alors que peu d’universités françaises figurent dans les premiers rangs des classements internationaux, le système de soins en France reste l’un des plus performants dans le monde”. Les patients et contribuables resteront satisfaits…

Le nombre d’enseignants dans les universités de médecine françaises varie de 100 à 400. Concernant l’Examen Classant National, 12 facultés placent chaque année 10% de leurs effectifs dans les 500 premiers : Paris 5, Paris 6, Marseille, Nice, Montpellier, Lyon, Nantes, Angers, Lille, Tours, Grenoble…

Le score SIGAP moyen obtenu par les universités de médecine française est de 12 577. Seule une dizaine de facultés atteignent en fait ce score moyen. Elles ont toutes un effectif d’enseignants supérieur à 200 sauf Paris 11 et Paris 12. Le score SIGAP rapporté au nombre d’enseignats est de 62,5. Seules 3 facultés dépassent ce score moyen, Paris 13, Rouen et Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines.

Concernant le nombre de projets de recherche clinique, la moyenne nationale est de 14 projets par université en 3 ans, soit moins de 5 par an et par université. Paris 5 arrive en tête, suivi de Paris 6, Paris 7, Lille, Lyon, Paris 11, Marseille…Au total seule une douzaine de facultés atteignent ce score moyen. En rapportant ce score au nombre de titulaires, Paris 11, Lille, Nantes, Paris 5, Rouen, et Paris 6 sont les mieux placés.

Les différences sont donc importantes entre les université de médecine françaises. Il y a bien une relation entre le nombre d’enseignants hospitalo-universitaires et les réussites des facultés, même si certaines petites structures ont des bons résultats à l’Examen Classant National. Evidemment, cette importance du nombre d’hospitalo-universitaires et du nombres d’unités de recherche permettent les meilleurs scores en recherche clinique. Les auteurs notent “qu’une étude d’efficacité de la filière médecine exigerait de suivre des promotions d’étudiants et l’insertion des jeunes diplômés pendant les premières années de leur exercice ; cet objectif ne pourra être atteint que dans plusieurs années”, car c’est effectivement la première fois que l’on évalue nos universités d’une manière comparable à celles des universités de l’étranger. Et comme une université de médecine a finalement pour but de siogner des patients, “Il sera indispensable d’analyser ultérieurement la plus value qu’apporte cette dimension universitaire à la troisième mission des filières santé, celle des soins”.

Le but de cette démarche est bien sûr de créer une “dynamique d’auto-évaluation” afin d’améliorer leurs performances, de répondre aux attentes des étudiants et professionnels et de proposer un outil aux responsables des universités administratifs et politiques.

Toutes les courbes et tableaux de classement sont accessibles par le lien Scource

Source

Etude comparative des facultés de médecine en France : premier résultats (texte complet disponible en PDF)
Didier Rabineau, Jean-François Dhainaut
La Presse Médicale 2010;39: e1-e10

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