dimanche 4 décembre 2016

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Accidents de la Vie Courante : 50 décès par jour en France

Selon le dernier Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire publié par l’Institut National de Veille Sanitaire (INVS), il y a eu en France 18 549 décès étiquetés “Accidents de la Vie Courante” (AcVR). De quoi s’agit-il? Ce sont tous les traumatismes non intentionnels dont sont exclus les accidents de la route ou du travail. Ce sont les chutes, les suffocations, les intoxications, les noyades, les morts par le feu ou encore par morsures ou piqûres, par électrocutions, par perforations, par explosions…La connaissance de ces chiffres n’a d’utilité que si cela entraîne des mesures de préventions efficaces.

Ces accidents de la vie courante sont donc responsables de 50 décès par jour. C’est 1 décès sur 5 chez les enfants de 1-4 ans et 1 décès sur 8 chez les 5-14 ans. La grande majorité des décès, les 2/3, ont cependant lieu dans la tranche d’âge des plus de 75 ans, et touche, proportionnellement à la population, plus les hommes que les femmes.

Il existe une disparité régionale importante. Les régions les plus à risque, avec des taux supérieurs de 10% à 20% à la moyenne, sont la Bretagne, le Nord-Pas-de-Calais et la Franche-comté. L’île-de-France est la moins à risque.

La moitié des décès par AcVR ont lieu dans des hôpitaux, soit plus de 9000 décès “accidentels” par an, 9% dans des maisons de retraite, 25% au domicile, 5% sur la voie publique et 7% dans d’autres endroits.

Les chutes sont les premières causes d’AcVR (60%) dont les ¾ touchent des personnes de plus de 75 ans. 24% des AcVR sont secondaires à des chutes avec fracture de hanche, 21% à des chutes provoquant un traumatisme cranien.  La seconde cause la plus fréquente est la suffocation, première cause de décès chez les moins de 1 an (58%). 2/3 des suffocations touchent des plus de 75 ans, le plus souvent par ingestions d’aliments provoquant l’obstruction des voies respiratoires. Viennent ensuite les noyades, première cause de décès chez les moins de 25 ans, puis les intoxications, dont la moitié des décès est liée à des medicaments par prise acidentelle ou par erreur de prescription, ou encore liée au gaz. Enfin, grand pourvoyeur de décès accidentels, le feu.

Entre 2000 et 2006, le nombre de décès par accidents de la vie courante était en baisse de 11%. Cette diminution a été plus importante chez les enfants, notamment pour les noyades et pour les suffocations, peut-être grâce aux campagnes de prévention et à la réglementation sur les produits pour enfants. Ces accidents de la vie courante restent un problème majeur de santé publique. Les décès des enfants se chiffrent encore en 2006 à 226 vies perdues, un objectif de la loi de santé publique de 2004 était de réduire de moitié ce nombre d’ici 2008.

Comment admettre qu’il faille attendre 4 ans pour avoir de tels chiffres, simplement extraits des avis de décès? Ainsi nous ne sauront qu’en 2012 si l’objectif fixé par loi de santé publique de 2004 visant à diminuer par 2 le taux de décès des enfants par AcVR a été atteint en 2008. Cela donne une idée de l’importance faite aux problèmes majeur de santé publique). Quelles mesures seront prises pour limiter le nombre de fractures du col du fémur souvent secondaires à une ostéoporose traitable, ou encore pour limiter les chutes dans les hôpitaux, où les patients ne sont pas sensés y mourir d’une chute…

Source

Mortalité par accident de la vie courante en France métropolitaine, 2000-2006 / Fatal home and leisure injuries in mainland France, 2000-2006
Linda Lasbeur, Bertrand Thélot
Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

Crédit Photo Creative Commons by slworking2

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