samedi 3 décembre 2016

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Pas de lien entre QI et tabagisme

Des études ont suggéré qu’un QI élevé allongeait la survie. D’autres ont recherché une corrélation entre QI et tabagisme. Plusieurs ont montré un lien entre un QI faible et augmentation du risque de tabagisme. On retrouve cependant souvent également une influence du niveau socio-économique des individus. D’où l’intérêt de répéter cette recherche chez des jumeaux, ce qui permet de contrôler les facteurs environnementaux tels que le niveau socioéconomique dans l’enfance ainsi que les facteurs génétiques, afin de comprendre réellement les influences de chacun.

Le but de la présente étude, réalisée par des scientifiques suédois et finlandais, était donc de determiner les relations existantes entre le QI à 18 ans, les facteurs liés à l’enfance et aux milieux socioéconomiques et le fait de fumer au début ou au milieu de sa vie d’adulte. Au total 11589 jumeaux ont été inclus dans l’étude. Le QI a été déterminé à 18 ans lors de la conscription militaire. Le tabagisme a lui été determiné entre 22 et 47 ans. Deux questionnaires ont été remplis, le premier par des participants nés entre 1951 et 1958 et le second par des participants nés entre 1959 et 1984.

La première analyse corrélant le QI au tabagisme retrouve une fréquence du tabagisme qui décroit avec l’accroissement du QI, comme cela avait été retrouvé dans d’autres études. Lorsque les scientifiques ont fait la distinction entre ceux qui avaient arrêté de fumer et ceux qui continuaient toujours, là aussi, le fait d’arrêter était lié au QI : les anciens fumeurs avaient un QI plus élevé que les fumeurs actuels, pour une date de début identique.

Pourtant, les différentes analyse réalisées grâce au fait d’avoir inclus des jumeaux, c’est à dire les analyses comparant les paires d’individus et les analyses comparant les individus de chaque paires, montrent que c’est l’environnemment qui influence le plus le fait de fumer ou non, et non le QI. Parmi les jumeaux, le nombre de paires discordantes est très faible. Cela couplé avec le fait que la plupart des fumeurs commencent dans l’adolescence (âge moyen 15-16 ans pour ces groupes), indique que l’influence de l’environnement socioéconomique et psychosocial sont les plus importants.

Ainsi, contrairement à ce qui a pu être écrit précédemment, cette étude infirme une relation de cause à effet entre tabagisme et QI. Les facteurs génétiques ne jouent eux aussi que peu de rôle. La question est maintenant de déterminer quels sont ces facteurs influençant le tabagisme chez les plus jeunes…Un sujet d’actualité chez nous il y a peu, qui nécessiterait une bonne campagne de publicité?

Source

Associations between IQ and cigarette smoking among Swedish male twinsKarin
Modig Wennerstad, Karri Silventoinen, Per Tynelius, Lars Bergman, Jaakko Kaprio
, Finn Rasmussen
Social Science & Medicine Volume 70, Issue 4, February 2010, Pages 575-581

Crédit Photo Creative Commons by galo/*

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