vendredi 30 septembre 2016

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Les dangers des boissons riches en caféine et en taurine

Depuis l’arrivée sur le marché du Red Bull, la consommation de telles boissons riches en caféine et en taurine à explosé. Ces boissons, censées redonner de l’énergie, contiennent en plus de la caféine, du D-glucuronolactone, de la taurine, et des vitamines (les compositions peuvent varier en fonction des pays). Leur combinaison fréquente avec de l’alcool à, dès 2006, fait l’objet de publications mettant en garde contre des effets potentiels sur la santé.

Une études réalisée en 2007 montrait que 85% des lycéens américains avaient consommé ce type de boisson avec de l’alcool. Une autre, menée en Italie, montrait que 73% des étudiants en médecine avaient fait de même. Les motivations essentielles de cette consommation sont de compenser le manque de sommeil, d’accroître son énergie, et de la mélanger à de l’alcool. En fait, associer de la caféine à forte dose avec de l’alcool réduit la sensation d’alcoolisation, et expose donc à une consommation d’alcool non contrôlée avec toutes ses conséquences, coma éthylique, accidents de la route, blessures, atteintes sexuelles. En effet, le suivi de collégiens américains expérimentant ce type d’associations, boisson hypercaféinée-alcool, a démontré qu’ils subissaient beaucoup plus de conséquences d’une alcoolisation, comme être abusés sexuellement, abuser un autre sexuellement, prendre un véhicule avec un conducteur ivre, être blessé, ou avoir besoin de soins médicaux.

Les auteurs de cette publication, des scientifiques de l’université de Floride, ont voulu valider les effets délétères de ces boissons, grandeur nature.

Sept établissements servant de l’alcool de 22 heures à 2 heures 30 du matin ont été sélectionnés. Les personnes sortant de ces bars étaient sollicités pour répondre à une interview, remplir un questionnaire et faire un test d’alcoolémie. Ils étaient alors dirigés vers un bus où étaient recueillies les informations nécessaires à l’étude.

Au total, 697 jeunes ont participé à l’essai. Il s’agissait en majorité de jeunes hommes âgés en moyenne de 22 ans.  Sur les 697 participants, 45 (6,5%) avaient bu des boissons énergisantes à base de caféine directement mélangées à l’alcool, 46 (6,6%) avaient bu des boissons énergisantes à part, les autres, 602 participants, avaient bu de l’alcool mais pas de boisson énergisante.

Résultats :

47,4% des participants avaient une alcoolémie supérieure à 0.08 g/210 L d’air expiré*  .  Consommer des boissons énergétiques mélangées avec de l’alcool multiplie par 3 le risque de sortir ivre d’un  bar avec une intoxication alcoolique supérieure à 0.08 g/210 L.

Consommer des boissons énergétiques mélangées avec de l’alcool augmente la durée de consommation d’alcool (3,9 heures vs 2,9 heures), augmente de 30% le nombre de verres d’alcool consommés (9 vs 6,2) et augmente également de 30% le nombre de grammes d’alcool ingurgités (152,2 vs 95,3).

De plus, consommer des boissons énergétiques mélangées à de l’alcool multiplie par 4 le fait que le buveur prennent son véhicule malgré son alcoolisation élevée.

Cela suggère que cette consommation de boissons énergétiques réduit la perception d’alcoolisation et accroit la confiance en soi, comme l’avaient déjà suggéré plusieurs études.

Cette consommation est souvent lié à un problème comportemental plus important des consommateurs. Chez les étudiants, la prise de boissons énergisantes est souvent associée à la prise conjointe de marijuana, de conduite à risques de contamination sexuelle,  de la prise de drogues, et de tabac.

Cette étude contribue à accroitre la littérature médicale montrant que ces boissons énergisantes ont des effets négatifs sur la santé humaine et en particulier sur des jeunes hommes et femmes. Ces produits devraient clairement indiquer leur teneur en caféine ainsi que toutes les implications sanitaires consécutives à leur consommation, concluent les auteurs

* Cette mesure très utilisée aux Etats-Unis exprime l’alcoolémie mesurée par 210 litres d’air expirés. Un alcootest négatif doit être inférieur à 0,01g/210L, soit 8 fois moins que retrouvé dans ce cas.  Cette unité est équivalente à la concentration d’alcool en milligrammes mesurée dans 100 millilitres de le sang quand elle est multipliée par 1000 (source).

Aucun des effets rapportés dans cette étude ne sont présents dans les rapports officiels, nationaux ou internationaux sur les conséquences possibles de ce type de boissons.

Source

Event-level analyses of enregy drink consumption and alcohol intoxication in bar patrons
Dennis L. Thombs, Ryan J. O’Mara, Miranda Tsukamoto, Matthew E. Rossheim, Robert M. Weiler, Michele L. Merves, Bruce A. Goldberger
Addictive Behaviors,Volume 35, Issue 4, April 2010, Pages 325-330

Crédit Photo Creative Commons by  leilaschumacher


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