dimanche 4 décembre 2016

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Pilule contraceptive et mortalité

La pilule contraceptive pourrait-elle être dangereuse? C’est une des question de santé publique qui a été la plus posée devant l’ampleur de l’utilisation de ce médicament à travers le monde. Un premier rapport d’étude (étude RCGP) réalisé en angleterre, indiquait justement un accroissement de la mortalité chez les utilisatrices par accidents vasculaire chez les plus âgées et chez les fumeuses. Le second rapport RCGP rendu après 25 années de surveillance retrouvait un risque chez les utilisatrices qui disparaissait après l’arrêt. Et puis récemment une petite étude suggérait  finalement que les utilisatrices pourraient avoir un risque réduit de cancers. Le Journal de médecine anglais BMJ publie le dernier rapport du RCGP avec maintenant plus de 39 ans de suivi de 46 112 femmes; parmi elles des utilisatrices de pilules contraceptives et des non utilisatrices.

75% des pilules contraceptives contenaient 50 μg d’oestrogène, 12% plus de 50 μg, 10% moins de 50 μg, et 3% contenaient de la progestérone. La durée moyenne d’utilisation était de 44 mois.

Les scientifiques mettent en évidence au bout de ces 39 ans de suivi, que les utilisatrices de pilules contraceptives ont un taux de mortalité inférieur de 12% à celles qui n’en ont jamais utilisé. Ils retrouvent qu’effectivement dans ce groupe des utilisatrices de pilules, il y a une réduction des décès liés à aux cancers (cancers du colon, du rectum, de l’utérus, des ovaires), un réduction des maladies vasculaires, des maladies ischémiques du coeur et de plusieurs autres maladies, telles que les maladies respiratoires, les maladies du système nerveux, les maladies infectieuses et parasitaires…

Cependant un risque existe chez les plus jeunes utilisatrices de moins de 30 ans avec une multiplication par 3 du risque de décès par rapport aux non utilisatrices. Entre 30 ans et 49 ans ce risque est pratiquement similaire dans les deux groupes. A partir de 50 ans, ce risque est réduit et devient inférieur à celui des non utilisatrices de contraceptifs oraux.

” Nos résultats ne suggèrent pas un risque persistant ou émergeant de surmortalité chez les femmes qui ont utilisé des contraceptifs oraux. La réduction du taux de cancers (…) s’est même accompagné d’une réduction de la mortalité pour cancer (…). Beaucoup de femmes, en particulier celles qui ont utilisé les pilules de première génération il y a des années, peuvent être rassurées par nos résultats”, concluent les auteurs. La balance risque/bénéfice, peut cependant être variable à travers le monde en fonction des mode d’utilisation des contraceptifs oraux et de la fréquence locale de différentes pathologies.

Source

Mortality among contraceptive pill users: cohort evidence from Royal College of General Practitioners’ Oral Contraception Study
Philip C Hannaford,  Lisa Iversen,  Tatiana V Macfarlane, Alison M Elliott, Valerie Angus, Amanda J Lee
BMJ 2010;340:c927

crédit Photo Creative Commons by spentpenny

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