samedi 3 décembre 2016

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Human Papilloma Virus (HPV): tout ce que vous avez toujours voulu savoir sans jamais avoir osé le demander

Le cancer du col de l’utérus est le second cancer le plus frequent chez la femme à travers le monde. Ce cancer est très fortement lié à l’infection par un virus, le virus HPV, pour Human Papilloma Virus. Il existe de nombreuses variétés de HPV, certains à haut risque de cancer du col de l’utérus, d’autres à faible risque de cancer du col. Ces virus se transmettent par les rapports sexuels. Cette MST est la plus fréquente dans les pays développés mais elle n’est symptomatique que dans peu de cas et peu de femmes, par rapport au nombre important qui en sont infectées, développeront finalement un cancer.

D’autres cofacteurs entrent en ligne de compte dans le risque de développer un cancer du col de l’utérus : le tabagisme, la contraception orale et des facteurs génétiques.

Il est possible de faire un test pour savoir si l’on a été contaminé par un virus HPV. Chez les femmes découvrant qu’elles souffrent d’un cancer, apprendre que celui-ci est possiblement lié à une contamination d’origine sexuelle est parfois psychologiquement difficile. Afin d’aider les femmes à mieux comprendre les tenant et les aboutissant de cette pathologie, les auteurs de cet article ont lancé un site internet en 2005 et proposaient aux visiteurs de poser leurs questions par mail. Cet article fait le bilan et tire des enseignements des 17 570 consultations uniques du site internet et des 527 questions posées par les visiteurs.

Les questions avaient trait, par nombre décroissant de questions reçues, à la transmission du virus, aux vaccins anti-HPV, à l’histoire naturelle du virus, à la réinfection des partenaires, à la détection du HPV chez l’homme, à la détection du HPV chez la femme, aux traitements chez la femme, au temps d’incubation de l’infection, à la fertilité, aux condylomes génitaux, à l’infidélité, aux symptômes de l’infection, aux possibilités de transmission non sexuelle (toilettes, sauna, examen gynécologique)…

Il y a donc de nombreuses questions sur le virus HPV et les réponses ne sont pas toujours simples d’accès ni totalement dénuées d’intérêts. Les meilleurs conseils seront prodigés par un entretien avec votre médecin traitant ou votre gynécologue.

Les questions les plus fréquentes et les réponses fournies par les auteurs sont les suivantes :

1) Quand ai-je été contaminé(e)? Par qui? Est-ce que mon partenaire l’a attrapé d’une précédente relation, ou m’a t-il (elle) trompé?

Il est impossible de savoir quand et par qui vous avez été contaminé(e). Une infection disparait en général au bout de 1 à 1,5 ans mais il est possible qu’elle dure plus longtemps, ou quelle deviennent indétectable pour réapparaitre plus tard dans la vie. Avoir été contaminé(e) par le HPV ne veut pas dire que votre partenaire ai été infidèle.

2)    Est-ce que j’ai pu être contaminé par une serviette, des toilettes ou un animal?

L’HPV du col utérin s’acquiert majoritairement par transmission sexuelle. D’autres modes d’infections n’ont pas été démontrés mais ne peuvent cependant pas être écartés. Une transmission par contacts sexuels intimes sans pénétration est possible.

3)    Est-ce que je risque d’infecter les enfants avec le HPV?

Le HPV ne peut pas être transmis aux enfants en les embrassant, en jouant avec eux ou même en prenant un bain ensemble.

4)    Que puis-je faire pour éviter la contamination par HPV?

L’usage d’un préservatif au cours des rapports sexuels est efficace pour éviter la transmission des virus HPV à haut risque de cancer du col de l’utérus. En revanche, ils ne sont pas totalement efficaces pour éviter la transmission des virus HPV à bas risque de cancer du col car ces virus sont souvent présents sur de parties génitales non couvertes par le préservatif. Le port du préservatif n’est pas nécessaire si vous avez un partenaire sexuel stable infecté par le HPV sauf si vous avez certaines lésions cellulaires.

5)    Ma femme a été diagnostiquée HPV+. Quelles ont les conséquences pour moi? Est-ce que je l’ai aussi? Puis-je faire un test?

Si votre partenaire est HPV+, vous l’êtes surement aussi. Les hommes ne peuvent pas avoir de test de routine (en Belgique, lieu de l’étude). Ils ne ressentent en général rien et l’infection semble disparaitre après quelques temps.

6)    J’ai un HPV et mon mari l’a sûrement aussi. Ne risque t-on pas de s’infecter mutuellement tout le temps?

Au cours d’une relation durable, les partenaires ont généralement le même type de virus HPV. L’exposition au même type de virus HPV n’influence pas le temps de guérison. Si la femme est a des lésions cytologiques causées par le HPV, ou si elle est traitée pour cette raison,  utiliser un préservatif permettra une guérison plus rapide. Dans ce cas, votre médecin vous conseillera l’usage du préservatif pour un temps.

7)    J’ai été diagnostiqué HPV+. Que dois-je dire à mon partenaire actuel et aux précédents?

L’infection par HPV est très commune, plus de 80% des personnes actives sexuellement seront en contact avec le virus au cours de leur vie. Dans la majorité des cas, l’infection va disparaitre spontanément sans générer aucun problème de santé, il n’est donc pas nécessaire d’alerter vos ex-partenaires. Si la femme avec laquelle vous vivez a un frottis tous les 3 ans, un eventual problème sera découvert à temps

8)    J’ai un HPV. Est-ce que cela va modifier ma vie sexuelle?

Chez certains couples, la découverte d’une infection par le HPV peut réduire le nombre de rapports sexuels. Il n’est cependant pas nécessaire de s’abstenir de rapports sexuels ni de pratiques sexuelles telles que les rapports buco-génitaux. Avoir un HPV ne veut pas dire que vous devez vous interdire une nouvelle relation. Le virus HPV ne doit pas altérer une vie sexuelle épanouie. Si vous avez des partenaires multiples, vous devez utiliser un préservatif pour limiter le risque d’infections.

9)    Est-ce qu’une infection par le HPV compromet mes chances d’être maman?

Une infection présente ou passée par un HPV n’est pas une contre-indication à la grossesse. Les traitements du HPV n’affectent pas une future grossesse. Une nfection par un HPV n’est pas une raison pour avoir une césarienne. Les hormones pendant la grossesse peuvent favoriser un développement plus rapide de lésions du col utérin ou du tractus génital. Elles requièrent rarement un traitement.

10) Je viens d’avoir ma première injection de vaccin anti-HPV. Dois-je m’abstenir de rapports sexuels jusqu’à la troisième injection? Puis-je avoir un rapport sexuel avec un préservatif?

Le vaccin est plus efficace s’il est réalisé avant tout rapport sexuel, car un seul rapport est déjà à risque de contamination par le HPV. S’il est trop difficile de patienter 6 mois, il est  important d’attendre au moins la seconde injection avant de débuter une activité sexuelle, après quoi vous serez déjà partiellement protégée. Dans tous les cas, se protéger avec des préservatifs pendant toute la période de vaccination réduira le risque d’être contaminée par un virus HPV, même si le port d’un préservatif n’est pas efficace à 100%.

11) J’ai été contaminée par un HPV. Est-il utile pour moi d’être vaccinée?

Non, le vaccin doit être fait avant une infection, il ne peut pas guérir une infection. Le vaccin peut toujours vous protéger contre certain virus HPV, mais il a été démontré que l’efficacité du vaccin est considérablement réduit chez les femmes ayant déjà été infectées par un HPV.

Les auteurs étudient une collaboration avec des médecins généralistes qui pourraient remettre aux patientes ayant des questions un code d’accès à un site internet où elles pourront les poser. Les hommes et les femmes ont un besoin d’accès aux informations médicales qui les concernent. Les virus HPV, surtout depuis que deux vaccins sont disponibles, sont une source importante de questions qui nécessitent des réponses précises.

C’est aussi fort de ce constat que Docbuzz va synthétiser d’autres publications importantes sur le sujet.

Source

Everything you always wanted to know about HPV (but could not ask your doctor)
Veronique Verhoeven, Marc F.D. Baay, Pieter E. Baay, Filip Lardon, Paul Van Royen, Jan B. Vermorken
Patient Education and Counseling Article in Press, Corrected Proof

Crédit Photo Creative Commons by ohmann alianne

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