mercredi 28 septembre 2016

Docbuzz

Retrouvez Docbuzz sur Twitter

Docbuzz est aussi sur Facebook

Les examens de cardiologie manquent d’efficacité

Chez les patients chez qui ils suspectent une maladie coronaire, les cardiologues réalisent des examens tels qu’une épreuve d’effort, un électrocardiogramme, un scanner du cœur, ou une échographie, qui leur permettent d’évaluer la maladie et de stratifier le risque cardiaque du patient : si un “risque important” est mis en évidence, le patient sera orienté vers un examen invasif tel que la coronarographie exploratoire (une sonde métallique introduite par une grosse artère est progressivement remontée jusque dans les artères du coeur où un liquide injecté dans les artères permet de faire des radiographies). Cela permet de voir l’état des artères et de chiffrer en % le degré des éventuelles sténoses et le nombre de coronaires atteintes. Mais est-ce que ces examens qui amènent un patient à subir une coronarographie et comportant toujours des risques de complications sont réellement contributif? Un article de la grande revue américaine  The New England Journal of Medecine démontre qu’il y a de gros progrès à faire.

Les examens d’évaluation, tels que l’épreuve d’effort, se multiplient sans que l’on sache vraiment s’ils sont vraiment utiles disent les auteurs de l’article. Ces cardiologues de l’institut de Recherche Clinique de l’Université de Duke, ont donc regroupé les données de 397 954 patients sans maladie coronaire diagnostiquée et ayant bénéficié d’une coronarographie exploratrice entre 2004 et 2008, afin d’évaluer si les examens non invasifs réalisés avant l’angioplastie, avaient été suffisaments discriminants.

Les patients avaient une soixantaine d’année, 57% étaient des hommes, 26% avaient un diabète et 70% avaient une hypertension.

83% des patients avaient eu d’autres tests cardiologiques dont 68,6% au moins un test positif. Leur cardiologue a demandé à ce qu’ils aient une coronarographie. Pourtant seulement 38% des patients ayant subi cette coronarographie avaient effectivement une maladie coronaire et 39% n’avaient aucune lésion des coronaires visible à la coronarographie.

En particulier, les résultat montrent que seulement 41,3% des patients ayant eu une épreuve d’effort positive, et orientant donc vers un diagnostic de maladie coronaire avaient effectivement une maladie coronaire confirmé par l’angioplastie.

27% de ceux ayant eu une épreuve d’effort non conclusive  avaient une maladie coronaire confirmée par l’angioplastie et 28,3% de ceux qui avaient une épreuve d’effort négative avaient pourtant une véritable maladie coronaire.

« Les examens actuellement utilisées avant de prendre la décision d’une coronarographie invasive, qu’il s’agisse des tests non invasifs ou de méthode de calcul du risque cardiaque, ont besoin d’être substantiellement améliorés afin d’accroître l’apport diagnostic de la coronarographie en pratique clinique » concluent sobrement les auteurs qui rappelaient en début d’article qu’entre 2000 et 2006, le nombre d’examens non invasifs avaient doublé et totalisaient sur cette période 14 milliards de dollars des fonds Medicare, les fonds utiles à ceux n’ayant pas d’argent pour payer leur soins.

Source

Low Diagnostic Yield of Elective Coronary Angiography
Manesh R. Patel Eric D. Peterson, David Dai, J. Matthew Brennan, Rita F. Redberg, H. Vernon Anderson, Ralph G. Brindis, Pamela S. Douglas
N Engl J Med 2010;362:886-95

Crédit Photo Creative Commons by  j l t

Articles sur le même sujet