samedi 3 décembre 2016

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Plusieurs produits chimiques pourraient favoriser un cancer du sein

L’exposition à certains toxiques chimiques avant l’âge de 36 ans, pourrait augmenter le risque de cancer du sein après la ménopause, suggère une étude Canadienne. Les toxiques incriminés sont les solvants organiques, les Hydrocarbures aromatiques polycycliques, ou encore  l’acrylique, les fibres de nylon, auxquels auraient été confrontées des femmes dans le cadre de leur travail.

L’équipe canadienne de Montréal a réalisé une étude, recrutant 556 femmes âgées de 50 à 75 ans, ayant un cancer du sein et 613 femmes du même âge sans cancer du sein mais présentant d’autres types de cancers. Une équipe de chimistes a retracé l’histoire professionnelle de ces femmes et tenté d’évaluer l’exposition possible à près de 300 agents chimiques différents.

Ils ont ainsi retrouvé plusieurs produits chimiques pouvant être incriminés dans la survenue de cancers du sein, en particulier si les expositions avaient eu lieu avant 36 ans. Ainsi le risque était extrêmement augmenté, en fait multiplié par presque 8, en cas d’exposition aux fibres acryliques et aux nylons. Dans le cas de cancers du seins où les cellules cancéreuses avaient des récepteurs à l’oestrogène mais pas à la progestérone, le risque de cancer du sein doublait pour chaque exposition de plus de 10 ans aux hydrocarbures mono-aromatiques et à l’acrylique. Le risque de cancer du sein doublait également pour des expositions à des solvants et des fibres acryliques avant l’âge de 36 ans. Un risque était multiplié par 3 en cas d’exposition à des hydrocarbures aromatiques polycycliques.

Certaines professions exposant les femmes à différents produits chimiques pourraient donc favoriser l’émergence de cancer du sein après la ménopause. Si cette étude ne peut pas être considérée comme conclusive du fait de biais pouvant interférer dans les résultats, elle a le mérite de tirer un signal d’alarme qui doit pousser les autorités sanitaires à réaliser une surveillance et des analyses en milieu professionnel afin de mieux mesurer le potentiel toxique de ces substances pour les femmes.

Source

Postmenopausal breast cancer and occupational exposures
France Labrèche, Mark S Goldberg, Marie-France Valois, Louise Nadon
Occup Environ Med 2010;67:263-269 doi:10.1136/oem.2009.049817

Crédit Photo Creative Commons Chemical Heritage Foundation

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