Lundi 28 juillet 2014

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Chirurgie : agrafes ou sutures?

Après une chirurgie, le chirurgien refermera la plaie avec soit des agrafes chirugicales, qui n’ont rien de bien différent des agrafes que vous connaissez sinon qu’elles sont stériles, soit en réalisant une suture avec fil et aiguille. Le première technique est plus rapide. La seconde est fastidieux. Mais ces méthodes de fermeture des plaies ont-elles une incidence différente sur les suites opératoires?

Chaque années dans le monde, 230 millions d’actes chirurgicaux sont réalisés. Les infections post-opératoires en sont une des complications. Elles en augmentent d’autant le coût, la durée d’hospitalisation, voire les séquelles. La fermeture de la plaie réajuste les deux parties de la peau bord à bord afin qu’elle se soude à nouveau. Elle doit permettre également d’obtenir un aspect esthétique optimal. Cette étude publiée dans le British Medical Journal est la première comparant les deux techniques de fermeture, au cours d’une chirurgie orthopédique.

Le Dr Smith et ses collègues, auteurs de l’article, ont retrouvé 6 études comparant les deux techniques, soit une évaluation sur 683 opérations chirurgicales. Ils montrent que le risque d’infection est 3 fois plus élevé lorsque les chirurgiens utilisent des agrafes pour refermer la peau. Au décours d’une chirurgie de la hanche, souvent pratiquée après une fracture du col du fémur chez des patients âgés, le risque d’infection lorsque la plaie est agrafée plutôt que suturée, est même multiplié par quatre!

Le risque d’infections apparaît similaire pour fermeture par agrafes ou sutures après chirurgie du genoux.

Pourtant, ce que découvre l’orthopédie est déjà connue dans d’autres spécialités. Des essais menés en chirurgie cardiaque ont déjà montré un taux de complications inférieur avec les sutures et tous les essais ont montré que la cicatrice sera aussi plus esthétique avec une fermeture par suture que par agrafe. En gynécologie, pour la fermeture de l’abdomen après une césarienne, la plaie est plus douloureuse si la fermeture est réalisée avec des agrafes. Dans ce cas l’esthétique de la cicatrice ou le taux d’infections ne sont cependant pas différents à 6 semaines.

Alors pourquoi utiliser des agrafes? Essentiellement pour finir plus rapidement une opération, bien que le temps gagné n’excède jamais quelques minutes. Mais plus tard, ce temps se perd lorsqu’il faut retirer les agrafes. Les sutures absorbables se résorbent d’elles-mêmes. Si l’on ajoute à cela le risque accru des infections post-chirurgicales avec les agrafes, le coût opératoire total sera en leur défaveur.

Le Docteur Smith reconnaît que peut d’études correctement menées ont été réalisées sur la comparaison sutures versus agrafes en chirurgie. Il est également vrai que parfois, face à un patient instable, le chirurgien n’aura d’autres choix que les agrafes pour abréger l’opération et permettre à la réanimation d’agir. Et en ce qui concerne la chirurgie orthopédique, il serait également important d’avoir des données fiables sur d’autres types d’opérations que celles de la hanche.

Si en Australie, les recommandations privilégient les sutures lors des opérations de la hanche, l’Association Anglaise d’Orthopédie ne condamne aucune des deux méthodes et propose que le patient sache avant l’opération, à quel type de fermeture il aura droit.

Maintenant que vous êtes aptes à avoir faire une petite idée, si vous devez être opéré(e), n’oubliez pas d’en discuter avec votre chirurgien. La couture est aussi un acte chirurgical.

Source

Staples for skin closure in surgery
B I Singh, C Mcgarvey
BMJ 2010;340:c403

Sutures versus staples for skin closure in orthopaedic surgery: meta-analysis
Toby O Smith, Debbie Sexton, Charles Mann, Simon Donell
BMJ 2010;340:c1199

Crédit Photo Creative Commons by bizzyb0t et jonmallard

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