mercredi 28 septembre 2016

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Les fruits et légumes ne protègent finalement pas du cancer

Une analyse publiée dans le Journal of the National Cancer Institute, réalisée auprès de 400 000 hommes et femmes, ne retrouve qu’un bénéfice modeste d’une consommation importante de fruits et légumes pour réduire le risque de cancers.

La consommation de fruits et de légumes est prônée pour équilibrer notre alimentation, réduire les maladies cardiovasculaires et certains cancers. Le fameux slogan, selon lequel il faudrait manger 5 fruits et légumes par jour a d’ailleurs été lancé en 1990 par l’Association Mondiale pour la Santé (World Health Organisation) pour réduire cancers et autres pathologies. Cependant peu d’études ont jusqu’alors démontré un bénéfice clair en faveur d’une réduction des cancers.

Des scientifiques américains ont donc utilisé une base de donnée Européenne (European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition) de volontaires recrutés entre 1992 et 2000 au sein de 10 pays d’Europe (Danemark, France, Allemagne, Grêce, Italie, Pays-Bas, Norvège, espagne, Suède et Angleterre), afin d’ évaluer l’impact de la consommation de fruits et de légumes sur la survenue des cancers. 142000 hommes et 335 000 femmes ont été suivis pendant presque 9 années. Un cancer a été diagnostiqué chez 30 000 participants (9604 hommes et 21000 femmes) soit presque 8% de la population.

Une consommation importante de fruits et de légumes > 200 grammes/jour ne réduit que de 3% le risque de cancer. La consommation de plus de 100 grammes de fruits ne réduit le risque de cancer que de 1%. Les légumes considérés seuls n’apportaient un bénéfice que chez les femmes (-2%). Chez les gros buveurs d’alcool, une consommation importante de fruits et légumes s’associait avec une réduction des cancers provoqués par le tabac et l’alcool.

Selon cette étude, il ne faut donc pas compter sur les fruits et les légumes pour réduire notre risque de cancers. Cependant, il faut continuer à en manger car les maladies cardiovasculaires sont, elles, bien sensibles à la consommation de fruits et de légumes et restent la première cause de mortalité en Europe. Et en plus, c’est bon!

Source

Fruit and Vegetable Intake and Overall Cancer Risk in the European Prospective Investigation Into Cancer and Nutrition (EPIC)
Paolo Boffetta, Elisabeth Couto, Janine Wichmann, Pietro Ferrari,Dimitrios Trichopoulos, H. Bas Bueno-de-Mesquita,Fränzel J. B. van Duijnhoven, Frederike L. Büchner, Tim Key,Heiner Boeing, Ute Nöthlings, Jakob Linseisen,Carlos A. Gonzalez, Kim Overvad, Michael R. S. Nielsen,Anne Tjønneland, Anja Olsen, Françoise Clavel-Chapelon,Marie-Christine Boutron-Ruault, Sophie Morois, Pagona Lagiou,Androniki Naska, Vassiliki Benetou, Rudolf Kaaks,Sabine Rohrmann, Salvatore Panico, Sabina Sieri, Paolo Vineis,Domenico Palli, Carla H. van Gils, Petra H. Peeters, Eiliv Lund,Magritt Brustad, Dagrun Engeset, José María Huerta,Laudina Rodríguez, Maria-José Sánchez, Miren Dorronsoro,Aurelio Barricarte, Göran Hallmans, Ingegerd Johansson,Jonas Manjer, Emily Sonestedt, Naomi E. Allen, Sheila Bingham,Kay-Tee Khaw, Nadia Slimani, Mazda Jenab, Traci Mouw,Teresa Norat, Elio Riboli, Antonia Trichopoulou
Journal of the National Cancer Institute, 2010

Crédit Photo Creative Commons by Vanessa Pike-Russell

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