samedi 3 décembre 2016

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La nouvelle démographie médicale française révèle une disparité d’accès aux soins

Pour la troisième année consécutive, le conseil de l’ordre des médecins publie le nombres de médecins par régions. A première vue, les inégalités peuvent paraître criantes entre Paris qui compte 742 médecins pour 100 000 habitants et la Picardie qui en compte 238. Mais une analyse plus fine de ces résultats trace déjà la situation future à laquelle seront confrontés chacun d’entre nous à la recherche d’un généraliste ou d’un spécialiste.

Les médecins, une population vieillissante, avec des effectifs en baisse, de plus en plus de retraités, et des nouveaux entrants préférant exercer comme spécialistes ou comme remplaçants.

Cette situation est bien le résultat, d’une part de la politique de numerus clausus instituée et perpétuée par les gouvernements successifs depuis plus de 30 ans (3500 places par an), et d’autre part de la volonté, toujours politique, de limiter la revalorisation  du prix de la consultation en médecins générale, la rendant moins attractive que la médecine spécialiste. Cela explique que 66% des nouveaux inscrits choisissent le salariat et 25% veulent rester remplaçants.

La France a perdu en 1 an, 10 médecins pour 100 000 habitants, la densité moyenne s’établissant à 290 médecins pour 100 000 habitants. 40% sont des femmes. Les médecins généralistes sont 94 909, et les spécialistes, 101 199. La moyenne d’âge des médecins en exercice est de 51 ans. 19 régions sur 26 perdent des médecins sur l’année passée, surtout la Lorraine (-5,5%), la Bourgogne (-3,9%) et le Centre (-3,7%). Faire appel à des médecins à diplôme étranger pour combler le manque n’a pas résolu la situation : ils sont venus de Belgique, de Roumanie, d’Allemagne, d’Algérie, d’Italie, du Maroc, de Tunisie et d’Espagne. Pourtant, ils n’ont pas choisi de s’installer dans les zones déficitaires mais ont été grossir les rangs des régions à forte densité médicale telle que la région PACA ou l’Ile-de-France.

Ainsi en Ile-de-France, seulement 75% des médecins inscrits à l’ordre ont réellement une activité et si la densité médicale est importante, les médecins généralistes sont en proportion, très en dessous de la moyenne nationale avec 60 généralistes pour 100 000 habitants contre 90 pour 100 000 en moyenne nationale. En revanche en Picardie ou la densité médicale est inférieure à la moyenne nationale, (290 contre 312), la densité de médecins généralistes, à 77 pour 100 000 habitants, est bien supérieure à celle de l’Ile-de-France.

Et la situation va continuer à s’aggraver puisque si les médecins généralistes représentent 40% des nouveaux inscrits, ils représentent aussi 60% des nouveaux partants. Cette réduction dresse un nouveau tableau national de la médecine avec des zones de forte densité médicale riche en spécialistes et pauvres en généralistes, et des zones à faible densité médicale mais proportionnellement plus riches en médecins généralistes.

Retrouvez un point complet de la situation médicale en France et au sein de votre région :

Situation en France atlas2009.pdf – 58.24 Mo

Source

ATLAS DE LA DÉMOGRAPHIE MÉDICALE  EN FRANCE Situation au 1 janvier 2009 Michel Legmann, Patrick Romestraing, Irène Kahn-Bensaude, Philippe Chapdelaine, Cécile BIissonnier, Delphine Boetsch Conseil de l’ordre des médecins

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