samedi 3 décembre 2016

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La pollution automobile favorise plusieurs pathologies congénitales

L’exposition des femmes enceintes aux pollutions automobiles produit un risque pour le foetus. L’évidence la plus forte a pour l’instant été retrouvée pour l’augmentation de la mortalité foetale, en particulier à cause de troubles respiratoires à la naissance, et à un faible poids de naissance. Il y a pour l’instant des preuves moins claires concernant la prématurité et le retard de croissance intra-utérin. Deux études récentes suggèrent également que des défauts cardiaques et des anomalies de non fermeture du palais,  pourraient être liés aux taux de pollution auxquelles sont exposées les femmes enceintes.

Une grande études épidémiologique a été menée dans 4 régions d’Angleterre afin d’évaluer les conséquences de l’exposition des femmes enceintes aux dioxyde de souffre (SO2), au dioxyde d’azote (NO2) et aux petites particules PM10, principalement rejetées par les moteurs diesels. Les données analysées couvrent les villes de Southampton, Londres, Oxford et Newcastles durant 10 ans et sur un nombre de 759 993 naissances. Les niveaux de pollutions ont été obtenus auprès d’offices gouvernementales.

En ce qui concerne les maladies congénitales non-chromosomiques, l’étude ne retrouve pas de lien avec les niveaux de pollution. Pour les anomalies chromosomiques et l’autisme (maladie de Down), une augmentation du risque est retrouvée de l’ordre de +6% à+18% pour le SO2. Pour le le NO2 et les PM10 l’augmentation est de +42% mais cette augmentation n’est pas significative dans l’étude.

En revanche une association forte est retrouvée entre l’omphalocèle et le niveau de PM10  avec une augmentation de +53% à +100% du risque. Le risque d’omphalocèle est également augmenté de +65% avec le dioxyde d’azote (NO2). L’omphalocèle est une absence de muscle et de peau au niveau de l’abdomen, l’intestin sortant par le cordon ombilical. À la place, il existe un revêtement fait de péritoine et de la membrane amniotique. Cette malformation entre dans le cadre d’une anomalie chromosomique (T18 ou T21) ou est une composante d’une maladie génétique. Elle peut aussi être associée à une malformation cardiaque létale dans 80% des cas.

Une autre association fort est retrouvée entre la tétralogie de Fallot et le dioxyde de souffre (SO2) avec un risque augmenté de +14% à +38%. Le dioxyde d’azote (NO2) l’augmente lui de +44% et les PM10 de +48%. La tétralogie de Fallot est une malformation cardiaque caractérisée par la présence d’une communication entre le cœur droit et le cœur gauche, la cloison séparant les deux ventricules restant ouverte. Le sang oxygéné et le sang non oxygéné se mélangent. Autrefois mortelle, une chirurgie cardiaque réalisée dans la première année de vie peut dorénavant sauver ces enfants.

La force de cette étude est d’avoir analysé un grand nombre de pathologies chromosomiques et non chromosomiques sur une période de 10 ans, en reprenant tous les cas de naissances, de décès in utéro et d’avortements liés à une anomalie majeure, ceci sur une population beaucoup plus large que les études précédentes. Les résultats retrouvés en ont d’autant plus d’impact et appellent une nouvelle fois à une régulation rapide des émissions des polluants automobiles au sein des lieux de vie.

Source

Ambient air pollution and risk of congenital anomalies in England, 1991 -1999
H Bolk, B Armstrong, K Lachowycz
Occup Environ Med 2010 67: 223-227

Crédit photo reative Commons by Simone Ramella

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