dimanche 4 décembre 2016

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6% des patients font un accident vasculaire cérébral pendant un pontage coronaire

Lorsqu’un patient est opéré d’un pontage coronaire, c’est à dire lorsque les cardiologues lui greffent, sur les artères irriguant le coeur, une de ses propre artères ou de ses propres veines pour améliorer la perfusion du coeur, une technique anesthésique consiste à refroidir le patient avant l’opération puis à le réchauffer à la fin de l’opération. Pendant une telle procédure, le sang circule dans une machine qui poursuit la circulation à la place du coeur (circulation extra-corporelle). Cette pratique de refroidissement-réchauffement provoquerait en fait un risque accru d’accidents vasculaires cérébraux selon une nouvelle étude de l’hôpital John Hopkins, un centre de référence en cardiologie aux Etats-Unis et dans le monde. 6% des patients se réveilleraient après l’opération avec des pertes de contrôles importants des mouvements ou de la parole dus à un accident vasculaire cérébral.

Le problème pourrait venir d’un altération de l’autorégulation du flux sanguin cérébral. L’équipe du John Hopkins a recruté 127 patients hospitalisés pour un pontage coronaire. Au cours du pontage, le flux sanguin de leurs artères cérébrales était surveillé par un  doppler. Leur température corporelle a été abaissée à 34°C pendant les deux heures de l’opération, puis ramené à 37°C à sa fin. Afin de comparer la circulation cérébrale des patients refroidis puis réchauffés, onze patients ont été opérés sans cette procédure.

Pendant le refroidissement, et pendant le réchauffement, les médecins constatent qu’effectivement la régulation du flux sanguin cérébral est altérée : 43 patients (34%) ont eu une altération de leur flux sanguin cérébral au cours du refroidissement et 68 (53%) au cours du réchauffement. 7 patients ont fait un accident vasculaire cérébral pendant le réchauffement. 1 patient a fait un accident cérébral transitoire. Aucun évènement neurologique n’est survenu chez les onze patients opérés sans réchauffement-refroidissement.

L’utilisation de la technique refroidissement-réchauffement au cours d’un pontage augmente donc le risque d’accidents vasculaires cérébraux. Au cours d’une opération les anesthésistes contrôlent la pression artérielle, le taux d’oxygène dans le sang, la fonction rénale, la pression artérielle,… il est dorénavant nécessaire de surveiller également le cerveau en prévenant les patients du risque avant qu’ils acceptent l’opération.

Source

Impaired Autoregulation of Cerebral Blood Flow During Rewarming from Hypothermic Cardiopulmonary Bypass and Its Potential Association with Stroke
Brijen Joshi, Kenneth Brady, Jennifer Lee, Blaine Easley, Rabi Panigrahi, Peter Smielewski, Marek Czosnyka, Charles W. Hogue
Anesthesia & Analgesia, 2010; 110 (2): 321

Crédit Photo Creative Commons by mallix

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