mercredi 28 septembre 2016

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Syndrome d’hyperactivité et d’inattention de l’enfant (TDHA) : les pesticides organophosphorés mis en cause

Les pesticides organophosphorés sont très utilisés pour la protection des fruits et de légumes vis à vis des insectes. Ils agissent sur leur système nerveux, entraînant leur mort par inhibition de la cholinestérase, en bloquant toute transmission d’influx nerveux. Ce mode d’action explique leur toxicité vis-à-vis de l’homme et des animaux. Les pesticides organophosphorés se dégradent rapidement mais une certaine quantité peut persister sur les fruits et les légumes traités ainsi que dans l’eau portable. Il existe environ 40 agents pesticides organophosphorés, tels que le malathion, écrivent les auteurs dans la revue Pediatrics où ils publient leur résultats

Ces pesticides sont un des suspects dans l’augmentation croissante des syndromes d’hyperactivité et d’inattention de l’enfant. Afin d’examiner l’association possible entre, par exemple leur ingestion involontaire par le biais de l’eau ou de l’alimentation, et la survenue de ce syndrome, des scientifiques ont évalué les taux urinaires des métabolites de ces pesticides chez 1139 enfants âgés de 8 à 15 ans, représentatifs de la population américaine. Parmi eux, 119 étaient atteints par ce syndrome d’hyperactivité et d’inattention.

Les résultats démontrent que l’exposition à ces pesticides peut effectivement accroître le risque du syndrome d’hyperactivité et de déficit de l’attention. En effet, un taux urinaire multiplié par 10 de certains métabolites des pesticides organophosphorés (dialkyl phosphate et en particulier le dimethyl alkylphosphate) augmente de 55% le risque d’un syndrome d’hyperactivité et d’inattention de l’enfant. Pour le métabolite le plus fréquemment retrouvé, le diméthyl thiophosphate, un taux légèrement supérieur à la moyenne mesurée chez les d’enfants, augmente de 93% le risque d’un syndrome d’hyperactivité et d’inattention par rapport aux enfants ayant un taux indétectable.

Ces résultats supportent l’hypothèse qu’une exposition aux pesticides et autres produits organophosphorés pourrait augmenter le risque de survenue d’un syndrome d’hyperactivité et d’inattention. Pour les auteurs, il s’agit d’une association forte, dorénavant démontrée même pour des taux de contamination faibles.

Même si la source des contamination ne peut cependant être affirmée formellement par cette étude, les auteurs pensent qu’elle ne peut être que liée à l’utilisation de pesticides ou , mais dans une moindre mesure,la pulvérisation d’insecticides dans les maisons. Cette étude renforce l’urgence de la mise en place d’études prospectives de grande échelle. Les précautions à prendre sont de plusieurs natures. Bien vérifier les produits insecticides et/ou pesticides utilisés à la maison, éviter les produits pouvant contenir ces insecticides et laver les fruits et légumes avec soins sans consommer les peaux des fruits.

Des agents organophosphorés sont également utilisés dans certaines lotions anti-poux vendues en France, dans des produits cosmétiques…Les métabolites de pesticides organophosphorés ont été retrouvé dans des jus de fruits

Source

Attention-Deficit/Hyperactivity Disorder and Urinary Metabolites of Organophosphate Pesticides
Maryse F. Bouchard,David C. Bellinger,Robert O. Wright,Marc G. Weisskopf
PEDIATRICS Published online May 17, 2010

crédit Photo Creative Commons by Olivier Bataille

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