samedi 3 décembre 2016

Docbuzz

Retrouvez Docbuzz sur Twitter

Docbuzz est aussi sur Facebook

Doutes sur certains “produits injectables de comblement des rides”

Effacer les rides, c’est un marché en pleine expansion. Alors comme d’habitude quand la demande est forte, l’offre peut-être aléatoire. Environ 80 produits sont commercialisés en France par 25 fabricants. Il s’agit de matériel devant être injecté sous la peau, dans le creux du sillon de la ride à éliminer. Ce marché des produits injectables de comblement des rides représentent un volume de vente de 600 000 seringues par an, facturé entre 300 et 400 euros l’injection, soit un chiffre d’affaire de 210 millions d’euros en moyenne.

Quels sont les produits utilisés?

Le plus fréquemment utilisé est l’acide hyaluronique. Autrefois exclusivement d’origine animale, expliquant, dans les précautions d’emploi de certains produits, la vigilance nécessaire vis-à-vis de patients allergiques aux protéines de volatiles (on utilise de la crête de coq broyée) ou de boeuf, l’acide hyamuronique peut maintenant être synthétisé à partir de fermentations bactériennes. Les produits d’origine animal conservent un risque allergique plus important et la transmission animal-humain d’une infection ne peut être exclue. Dans tous les cas, l’acide hyaluronique injecté est différent de l’acide hyaluronique présent dans les cellules cutanées humaines. L’injection de collagène ou d’alginate de sodium est encore pratiquée. en recvanche l’injection de gel de silicone est interdite en France.

Les produits non résorbables, actuellement visés par l’AFSSAPS, sont des matériaux se présentant sous l’aspect d’un fin fil de plastique ou de billes de plastiques qui injectés sous la peau créent une réaction locale comblant la ride. Des produits non résorbables sous forme de gel sont dorénavant également commercialisés.

Durée d’effet et risques associés sont méconnus

Il n’existe pas à ce jour de nomenclature Européenne permettant aux professionnels qui utilisent ces produits d’identifier leurs durées d’effet et les risques associés à leur utilisation.  L’Afssaps a élaboré une classification de ces dispositifs en 3 catégories,  «résorbables» (persistance 3 à 6 mois, acide hyaluronique) et «lentement résorbables» (persistance 6 mois à 2 ans, hydroxyapatite, alginate),  des produits éliminés dans le temps naturellement par l’organisme, par opposition aux «non résorbables» (polymères acryliques ou méthacryliques ou gel de polyacrylamide et associés ou non à un matériau résorbable) qui sont définitivement injectés sous la peau. Un produit “non résorbable'”, DERMALIVE a provoqué des effets très retardés et anormalement graves (granulome de la peau) et a cessé d’être commercialisé dès 2007.

Pour être commercialisés en Europe, ces produits doivent faire avoir une évaluation précliniques (tests en laboratoire in vitro et sur animal) et clinique d’efficacité et de sécurité. Mais selon l’AFSAPPS, “l’effectif limité des candidats et la durée des essais cliniques, qui précèdent la mise sur le marché de ces dispositifs, ne permettent pas de garantir une sécurité absolue de leur utilisation à long terme“.

Les effets indésirables sont en général à type de réactions immédiates (hématome, érythème.), de réactions retardées (pigmentation, allergie) et d’effets indésirables liés aux conditions d’asepsie de l’injection elle-même (infection). D’autres risques très rares, tels que les granulomes et nécroses sont associés aux produits “lentement résorbables” et “non résorbables”.Selon les données disponibles, leur fréquence se situe entre 0,1 et 1% des patients traités.

En 2009 et 2010, 15 fabricants et distributeurs ainsi que 2 sous-traitants ont été inspecté. Le rapport de cette enquête sera rendu publique sous deux mois.

L’utilisation de matériau non résorbables est déconseillé par l’AFSSAPS

L’Agence aujourd’hui déconseille l’utilisation des produits injectables non résorbables du fait d’un risque non maîtrisé d’effets indésirables graves très retardés. Le risque d’apparition de tels effets, plusieurs années après, peut être augmenté par l’injection de produits divers ou autres traitements à visée esthétique.
L’expérience de l’utilisation des produits injectables non résorbables a montré que la survenue de complications comme un granulome est généralement causée par la présence définitive du produit.

Ces produits ne sont actuellement pas interdits en Europe puisque leur utilisation peut être justifiée dans certains cas, notamment en chirurgie reconstructrice.

Source

AFSSAPS : Produits injectables de comblement des rides – Fiche presse (11/05/2010) application/pdf

Produits injectables de comblement des ridesFiche presse
AFSSAPS : Produits comblement des rides – Recos Public (10/05/2010) application/pdf

Produits comblement des rides – Recommandation au public
Crédit Photo Creative Commons Vancouver Laser & Skincare Centre

Articles sur le même sujet