mardi 6 décembre 2016

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Le traitement de l’infarctus du myocarde est une véritable urgence


Les recommandations internationales insistent sur l’importance d’une reperfusion rapide des artères du coeur obstruées lors d’un infarctus avec élévation du segment ST à l’électrocardiogramme (STEMI). Une thrombolyse, c’est à dire l’administration injectable d’un médicament pouvant désobstruer l’artère coronaire bouchée, doit être réalisée dans la demi-heure qui suit le début des signes cliniques, souvent marqués par une douleur du thorax pouvant irradier vers le bras gauche et vers le cou. Une reperfusion manuelle, appelée angioplastie, réalisée par des cardiologues spécialisés qui montent un cathéter dans l’artère, doit elle, être réalisée dans l’heure et demi suivant le début des signes cliniques. Le suivi strict de ces recommandations n’est pas toujours possible et peu d’études ont réellement évalué les effets d’un délai supplémentaire.

Les auteurs de l’article, publié dans la grande revue américaine JAMA, ont évalué l’impact du délai avant la mise en route possible d’une thrombolyse ou d’une angioplastie à partir des registres de 80 hôpitaux de Québec. L’étude a pu inclure 95% des patients hospitalisés en urgence pendant 6 mois pour infarctus du myocarde.

1832 patients ont pu être reperfusés, 392 par une fibrinolyse, et 1440 par une angioplastie. 54% de ceux qui ont reçu une fibrinolyse l’ont reçu après plus d’une demi-heure et 68% de ceux qui ont eu une angioplastie l’ont reçu après plus d’une heure et demi. Les auteurs ont évalué chez ces patients la mortalité à 30 jours et à un an, ainsi que l’éventuelle réadmission à l’hôpital pour un nouvel infarctus ou une insuffisance cardiaque.

Les patients ayant bénéficié des techniques de reperfusion en dehors du timing recommandé avaient un risque de décès à 30 jours deux fois supérieur (6,6% au lieu de 3,3%), et un risque de décès à 1 an également supérieur. Ils sont également plus à risque d’être réhospitalisés pour un autre infarctus ou une insuffisance cardiaque, souvent conséquence du premier infarctus.

Il existe bien des traitements efficaces du traitement de l’infarctus du myocarde, qui pour être les plus profitables possibles aux patients, doivent être administrés de toute urgence.

Evidemment, l’éloignement des hôpitaux ne facilite pas la mise en oeuvre de ces recommandations pourtant vitales à la survie.

Source

Association Between Timeliness of Reperfusion Therapy and Clinical Outcomes in ST-Elevation Myocardial Infarction
Laurie Lambert, PhD; Kevin Brown, MSc; Eli Segal, MD; James Brophy, MD, PhD; Josep Rodes-Cabau, MD; Peter Bogaty, MD
JAMA. 2010;303(21):2148-2155.

Crédit Photo Creative Commons by j l t

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