samedi 3 décembre 2016

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Brésil : la déforestation accroît la fréquence du paludisme

Le paludisme est la maladie la plus fréquemment transmise à l’homme en Amazonie. Une équipe de chercheurs de l’université du Wisconsin-Madison a voulu évaluer l’influence de la déforestation de l’Amazonie sur la fréquence du paludisme dans les zones de déforestation.

Malgré plus de 50 années de combat contre le paludisme, le Brésil recense encore 500 000 cas de paludisme chaque année, la plupart survenant dans le bassin amazonien, ou l’abbatage des arbres entre 1999 et 2002 était de 12 000 à 20 000 km2 par an, la somme représentant la surface du Danemark. Le paudisme est ici transmis par un moustique, Anopheles darlingi. Il est beaucoup plus présent dans les zones de déforestation que dans la forêt elle-même. Le taux de piqûres par nuit dans une zone déforestée à plus de 80% est de 8,33 contre 0,03 dans une zone avec moins de 30% de déforestation. De plus, le nombre de larves d’Anopheles darlingi est beaucoup plus important dans les zones de déforestation, jusqu’à 7 fois plus.

Les scientifques ont utilisé un système de contrôle des cas de paludisme mis en place par le ministère de la santé Brésilien et couvrant 5,1 km2. Ils se sont concentré sur le secteur de Mâncio Lima. Mâncio Lima est situé au nord-ouest du Brésil, partageant une frontière avec le Pérou. La surface de cet état est de 4 672 km2 pour une population de 14 387 habitants, la moitié vivant dans des villes et l’autre moitié en dehors. 67% de ce territoire constitue en fait la réserve indigène de Nukini et Poyanawa. L’économie locale est principalement agricole, basée sur la production de farine de manioc et depuis peu sur le pisciculture. Des licences d’exploitation minières ont également été accordées par le gouvernement. Il y fait entre 19°C–32°C toute l’année. Cette état concentre 12,5% de tous les cas de paludisme au Brésil. Le paludisme est de type plasmodium vivax ou plasmodium  falciparum.

Les données de cas de paludisme ont donc été recueillies et localisées par zones géographiques précises grâce à un GPS. Le taux de déforestation de chaque zone a été évalué grâce à des images satellites couvrant des carrés de 30 mètres sur 30 mètres. Les deux recueils de données ont ensuite été corrélées.

En 2006, il y a eu un total de 15,437 cas confirmés de paludisme dans la zone étudiée ; 41% étaient dus au plasmodium falciparum et 59% au plasmodium vivax. La fréquence moyenne de cas annuels de paludisme était donc de 1,1 cas/personne. Cette fréquence annuelle variait de 0,4 à 12 cas/personne et par an. Le taux de déforestation variat de 6% à 26%. Les zones ou la déforestation atteignait +4.3% entre 1997 to 2000 étaient associées avec un risque de paludisme augmenté de 48%. La déforestation était même le facteur prédictif le plus puissant du risque de paludisme.

Favoriser la conservation de la forêt Amazonienne pourrait donc avoir, en supplément, un bénéfice pour la santé humaine.

Source

Deforestation and malaria in Mâncio Lima County, Brazil
Olson SH, Gangnon R, Silveira G, Patz JA
Emerging Infectious Diseases, 2010

Crédit Photo Creative Commons by Andre Deak

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