vendredi 30 septembre 2016

Docbuzz

Retrouvez Docbuzz sur Twitter

Docbuzz est aussi sur Facebook

Fracture du poignet : un signal d’alerte majeur chez la femme âgée

La fracture du poignet est la fracture la plus commune des membres supérieurs chez les personnes âgées. On estime que 8 à 10 personnes âgées sur 1000 se cassent un poignet chaque année. Cette fracture est plus fréquente chez la femme de moins de 75 ans, alors que la fracture de hanche est plus commune après 75 ans. Cette fracture apparaît suite à une chute. Les facteurs de risque sont une densité osseuse réduite, une absence d’utilisation antérieure d’oestrogènes, un antécédent de chute dans l’année qui précède, ou une fracture survenue après l’âge de 50 ans. Il a été déjà bien évalué à quel point une fracture vertébrale ou une fracture de hanche à des répercussion importantes chez les personnes âgées qui les subissent. Pourtant les répercussions d’une fracture du poignet sur le déclin fonctionnel n’a pas encore été évalué. C’était le but de cette étude menée aux Etats-Unis, par l’équipe d’épidémiologistes de l’université de Pittsburg.

6107 femmes âgées de 65 ans ou plus ont été incluses dans l’étude ; elles n’avaient jamais eu de fracture auparavant. Les scientifiques les ont suivi pendant 7,6 années en évaluant régulièrement leurs capacités fonctionnelles.

Cette capacité fonctionnelle s’évaluait sur 5 critères ou activités de tous les jours: l’entretien de la maison, la capacité à monter 10 marches d’escalier, faire les courses, préparer un repas, et sortir avec sa voiture.

Pendant le suivi, 264 femmes ont eu une fracture du poignet (4,4%). On retrouvait chez elles les facteurs de risque classiques ; elles avaient une densité osseuse plus faible que la moyenne des femmes de l’étude du fait d’une ostéoporose (0,33 versus 0,37 g/cm2), tombaient déjà plus souvent (33% versus 23%), et avaient moins utilisé d’œstrogène dans le passé (33% versus 44%). Pourtant, elles avaient aussi un statut fonctionnel meilleur au début de l’étude, marchaient plus vite, se levaient d’une chaise plus rapidement.

Une fracture du poignet, a entraîné, dans l’année qui a suivi, un recul des capacité fonctionnelles chez 15% des femmes âgées, significativement plus que parmi les femmes n’ayant pas fait de fracture du poignet. Ainsi, une fracture du poignet augmente de 51%le risque de déclin fonctionnel chez la femme de plus de 65 ans et cela dès la première année suivant la fracture.

Lutter contre l’ostéoporose permettrait de réduire cette perte de capacité fonctionnelle en réduisant le risque de fracture du poignet. Faire un bilan de son statut osseux, surtout si l’on a des facteurs de risque de perte de densité osseuse, fait partie de la meilleure prévention à réaliser.

Source

Functionnal decline after incident wrist fracture-Study of osteoporotic fractures : prospective cohort study
Beatrice J Edwards, Jing Song, Dorothy D Dunlop, Howard A Fink, Jane A Cauley
BMJ 2010;341:c3324

Articles sur le même sujet