mercredi 28 septembre 2016

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Lancer un programme d’intervention dans les écoles pour réduire l’obésité et le diabète, est-ce efficace?

A l’heure ou l’Elysée, passant outre les insuffisances du ministère de la santé, a désigné le Pr Arnaud Basdevant comme le nouveau Monsieur “Obésité”, cette étude américaine évaluant l’efficacité d’une intervention et d’un suivi direct au sein de 42 écoles américaines pour tenter de réduire l’obésité et le diabète au sein des jeunes et plus spécifiquement des groupes à risques, pourra orienter les actions futures.

En France, 20% des jeunes et près de la moitié des français souffrent de surpoids ou d’obésité. Pr. Arnaud Basdevant,professeur de nutrition à l’université de Paris-VI-Pierre-et-Marie-Curie, praticien à hôpital de la Pitié, a devant lui la lourde tâche de changer les habitudes et de faire face aux lobby de l’industrie alimentaire.

Aux Etats-Unis, 16% des 11-19 ans sont déjà en surcharge pondérale et 19% sont obèses. Ces taux sont d’autant plus élevés que la situation économique des familles est défavorisée. La conséquence la plus dramatique est l’explosion du nombre d’enfants qui rapidement deviendront diabétiques et subiront les conséquences de cette pathologie une fois adulte. Le but de cette étude a été d’évaluer sur une durée de 3 ans un programme scolaire visant à réduire ce risque de diabète. 4600 enfants âgés de 11 à 14 ans et appartenant à 42 écoles ont été sélectionnés. Pour participer à l’étude, les études devaient comporter au moins 590% d’enfants qui étaient subventionnés par des fonds fédéraux du fait d’un niveau socio-économique défavorisé, un des facteurs de risque d’obésité et de diabète.

L’intervention était réalisée au niveau de l’alimentation, de l’activité physique, du comportement et du savoir. L’intervention sur la nourriture ciblait la quantité et la qualité de l’alimentation (augmenter la consommation de fruits et de légumes) et des boissons servies au sein de l’école (caféteria, distributeurs, magasins de l’école, fêtes organisées au sein de l’école). Le programme d’activité physique visait à augmenter le temps d’exercice physique défini comme une activité suffisante pour augmenter la fréquence cardiaque à 130 battements par minute. Enfin, des activités menées au sein de la classe visaient à sensibiliser les enfants à un comportement plus sain pour la santé. Plusieurs critères physiques et biologiques étaient suivis chez 873 enfants qui suivaient le programme au sein de 21 écoles bénéficiant de cette intervention ainsi que chez 863 enfants du groupe comparateur qui ne bénéficiaient pas du programme, afin de pourvoir évaluer son intérêt réel  : le poids, la taille, l’indice de masse corporel, le tour de taille, la pression artérielle, le taux de sucre dans le sang et le niveau d’insuline des enfants des écoles participant au programme étaient les critères retenus pour la comparaison.

Pendant la durée de l’étude, si l’indice de masse corporel et le poids des enfants a été faiblement réduit, cette réduction était identique chez les enfants bénéficiant du programme et ceux qui n’en bénéficiaient pas. Il y avait cependant un tendance à moins d’enfants devenant obèses dans le groupe bénéficiant du programme. Le tour de hanche était également légèrement inférieur chez ces enfants. L’adiposité a été réduit. 50% des enfants étaient obèses au début de l’étude. A la fin de l’étude, on pouvait constater une réduction du nombre d’obésités et de surcharges pondérales chez 16,5% des enfants bénéficiant du programme et chez 15,9% de ceux qui n’en bénéficiaient pas. Les taux de glucose n’étaient pas différents entre les groupes. Le taux d’insuline a augmenté dans les 2 groupes. Cependant ce taux a été réduit chez les enfants déjà obèses au début de l’étude.

Globalement le programme n’a pas été efficace à apporter un bénéfice substantiel aux enfants par rapport à des enfants non inclus dans le programme. On peut noter cependant un léger bénéfice pour les enfants déjà les plus à risque, c’est à dire étant déjà obèses à l’âge de 11 ans. Pour les enfants ne participant pas au programme, c’est peut-être néanmoins l’inclusion dans une étude sur l’obésité et le diabète qui a sensibilisé les parents, qui ont pu décider de modifier les habitudes alimentaires de leurs enfants. Dans tous les cas, cette étude montre qu’obtenir un bénéfice est possible, mais reste complexe et long.

A School-Based Intervention for Diabetes Risk Reduction

The HEALTHY Study Group
N Engl J Med published on June 27, 2010

Crédit Photo Creative Commons by colodio

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