dimanche 4 décembre 2016

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La baisse des températures augmente le risque d’infarctus

Un infarctus apparaît le plus souvent chez des patients présentant une maladie coronaire. Le froid a un impact négatif sur cette pathologie, favorisant les crises d’angine de poitrine, autrement dit une douleur aiguëe du cœur due à un manque d’oxygène. La température joue donc un rôle dans cette pathologie cardiovasculaire. Une étude menée dans 11 villes américaines a retrouvé un effet négatif des très basses températures comme des très hautes sur la mortalité. Cet effet d’une température haute et basse, augmentant la mortalité, à été confirmé en Europe.

L’effet de la température sur le risque d’infarctus a été moins souvent examiné. Et les derniers résultats obtenus ne permettaient pas d’apporter une conclusion claire. Des médecins londoniens ont donc évalué cet effet au sein de 15 villes en Angleterre et au pays de galles., en prenant en compte tous les facteurs qui peuvent l’influencer déjà tels que la pollution, l’âge, les traitements médicaux, la grippe…

Dans ces 15 agglomérations, les médecins ont recensé entre 2003 et 2006, 84 010 infarctus. La moyenne d’âge des patients était de 70 ans et 64% étaient des hommes. La survenue de chaque infarctus a été corrélée à la température.

Les médecins mettent ainsi en évidence une association  entre température et risque d’infarctus du myocarde, chaque baisse de 1° augmentant le risque de 2% au cours des 28 jours qui suivent cette baisse. Dans un pays comme l’Angleterre où surviennent chaque années presque 150 000 infarctus, cette augmentation  de 2% correspond à 200 infarctus supplémentaire en une seule journée ! Cet effet des températures est d’autant plus important entre le 2ème et le 14ème jour suivant la variation de température.

L’augmentation de la température ne produit pas cet effet de manière significatif, mais c’est aussi peut-être, disent les auteurs parce que la température est rarement très élevée en Angleterre.

Les patients qui paraissent les plus vulnérables aux changements de température sont ceux âgés de 75-84 ans. La vulnérabilité est augmentée également chez ceux qui ont une maladie coronaire diagnostiquée, ou ceux ne prenant pas d’aspirine.

Comme sont informées les populations ayant des problèmes respiratoires lorsqu’un niveau de pollution trop important est atteint, cette étude permettrait de mettre en place, avec la météorologie nationale, un système d’avertissement des populations à risque lorsqu’une baisse de température est prévue.

Source

“Short term effects of temperature on risk of myocardial infarction in England and Wales: time series regression analysis of the Myocardial Ischaemia National Audit Project (MINAP) registry”
Krishnan Bhaskaran, Shakoor Hajat, , Emily Herrett, Paul Wilkinson, Liam Smeeth
BMJ 2010;341:c3823. doi:10.1136/bmj.c3823

“Temperature changes and the risk of cardiac events”
Paola Michelozzi
BMJ 2010;341:c3720

Crédit Photo Creative Commons by Eduardo Amorim

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