mercredi 28 septembre 2016

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Consommation de drogues en prison : une estimation faite à partir des eaux d’égout


Pour la première fois, l’estimation de la consommation des drogues illicites à partir des mesures de leurs métabolites dans les eaux d’égout est appliquée à une petite structure ou normalement la consommation de drogues est totalement prohibée, une prison. Cette méthodologie d’évaluation a fait ses preuves et a depuis été appliquée à de nombreux pays, villes ou territoires à travers le monde.

Cette étude a donc pour la première fois établi une évaluation de la consommation carcérale de cocaïne, d’héroïne de cannabis, d’ecstasy, de MDMA, et de méthamphétamines, de LSD, d’alprazolam, d’éphédrine, et de méthadone, dans une grande prison espagnole de Catalogne, une prison de 3500 détenus et gardiens.

La méthadone apparaît comme la drogue la plus utilisée avec 156 doses par jour pour 1000 habitants, suivi de l’alprazolam (129 doses/jour/1000 habitants), de l’éphédrine (46 doses/jour/1000 habitants), du cannabis (33 doses/jour/1000 habitants), de la cocaïne (3 doses/jour/1000 habitants). Pour l’héroïne, l’ecstasy, la methamphétamine et des amphétamines la consommation n’était que sporadique.

Ainsi environ 367 doses/ jour/1000 habitants sont consommées dans la prison soit presque 1300 doses de drogues quotidiennes. En comparaison avec la consommation d’une ville comme Barcelone où les même auteurs avaient fait les mêmes recherches, proportionnellement, la consommation de cocaïne est moindre en prison (3 doses/jour/1000 habitants contre 14 doses/jour/1000 habitants), comme la consommation d’héroïne, alors que la consommation de cannabis et d’éphédrine sont plus importantes.

Si contrairement aux résultats retrouvés au cours des analyses de consommation de drogues par les eaux d’égout dans les villes, où le moment de la plus grande consommation de drogues est le week-end, en prison, le week-end est un moment de consommation réduit, du fait des autorisation de sortie de nombreux prisonnier, en particulier le dimanche.

Des pics de consommation  retrouvés au cours de l’étude semblent montrer les dates de passages clandestins de quantités importantes de drogues.

Ainsi, si la consommation de drogues illicites existe bien en prison, elle reste proportionnellement inférieure à la consommation de certaines grandes villes. Cette méthodologie peut représenter une manière rapide efficace et peu coûteuse de suivre la consommation de drogues dans un établissement pénitentiaire et d’évaluer l’efficacité des mesures adoptées pour prévenir l’entrée de drogues dans l’enceinte de la prison.

Source

Evaluation of drugs abuse use and trends in a prison though wastewater analysis
Postigo C, de Alda ML, Barceló D.
Environ Int. 2010 Jul 22. [Epub ahead of print]

Crédit Photo Ceative commons by James C Farmer

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