dimanche 4 décembre 2016

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Qui a découvert le clitoris?

Au cours de la renaissance Italienne, au XVI siècle, Realdo Colombo, de l’université de Padoue, se targua d’avoir découvert le clitoris. Realdo Colombo était fils d’un apothicaire. Il est né à Cremona en Italie en 1515. Il appris l’art de la chirurgie à Venise avant de rejoindre padoue en 1540 pour étudier la médecine et devint assistant d’Andreas Vesalius, professeur d’anatomie et de Chirurgie.

Au départ de Vesalius pour la cour de Charles V, Realdo le remplace et prend la chair d’anatomie de Pise en 1545, quand celle-ci réouvri sous l’impulsion de Comodo de Medicis. Trois ans plus tard, il est à Rome, professeur d’anatomie et cela jusqu’à sa mort en 1559. Il a eu l’occasion de mener des études anatomiques avec Michel-Ange, et une fois son talent reconnu, devint même le chirurgien du pape Julius III.

Colombo écrivit un seul ouvrage De re anatomica, qui ne fut publié qu’après sa mort. C’est dans cet ouvrage qu’il décrivit correctement la circulation cardio-pulmonaire, corrigeant les erreurs de Galien pour qui le sang passait du cœur droit vers le gauche même s’il ne fut probablement pas le premier à en faire état.

C’est aussi au sein de cet ouvrage qu’il dit être le premier à décrire le clitoris et sa fonction. C’est dans le livre XI qu’il fit référence à une «excroissance» :  “C’est le siège principal du plaisir de la femme au cours de l’acte sexuel ; de telle manière que si non seulement vous le frottez avec votre pénis, comme si vous le touchez avec votre petit doigt, le plaisir provoque un jaillissement liquide dans toutes les directions, même si elles ne le veulent pas. Comme personne d’autre n’a jamais décrit cette excroissance ni son utilité, s’il m’est possible de nommer quelque chose que j’ai découvert, on devrait l’appeler l’amour ou la douceur de venus. Je ne peux exprimer combien je suis étonné que de remarquables anatomistes n’aient même pas détecté une chose si magnifique créée par un art si grand».

Dans une autre partie de son ouvrage il décrit l’anatomie d’une femme éthiopienne “dont le clitoris avait la longueur et la largeur d’un petit doigt “.

Le maître de Colombo Vesalius, niait l’existence de » cette nouvelle et inutile partie » et considérait plutôt le clitoris comme une structure retrouvée uniquement chez les hermaphrodites.

On peut cependant aujourd’hui affirmer que le clitoris était connu des grecs des perses, et des médecins arabes. L’anatomiste Charles Etienne (1504-1564) le dénommait le «membre honteux» et le décrivit dans un ouvrage antérieur. On retrouve également le lien entre clitoris et plaisir féminin dans un ouvrage de Pietro D’Albano publié en 1476.

D’autres descriptions ultérieures vont venir compléter l’anatomie du clitoris. AU XVII, De Graff décrit  les vaisseaux sanguins, les nerfs et les muscles qui y sont attachés. D’autres descriptions suivront, même si le début du XX ème siècle, puritain, omettait souvent dans les ouvrage d’anatomie les planches de dissection du clitoris. La connaissance approfondie de l’anatomie des organes génitaux est aujourd’hui extrêmement importante dans la prise en charge pédiatrique des anomalies sexuelles, où il est essentiel de préserver la fonction sexuelle au cours des opérations de génitoplastie.

Source

Colombo and the Clitoris
Mark D stringer, Ines Becker
European Journal of obstetric and gynecology and reproductive biology Volume 151, Issue 2, Pages 130-33

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