samedi 1 octobre 2016

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33% de patients âgés sont en état de malnutrition dans les hôpitaux

L’obésité occupe tous les débats sur l’alimentation dans notre société et plus personne n’évoque les risques de malnutrition. Pourtant ces risques existent, surtout chez les sujets âgés. La malnutrition affecte les capacités physiques et cognitives. Si les dépenses de santé continuent de croître, en partie du fait de l’accroissement du nombre de personnes âgées, quels sont les investissements réalisés pour lutter contre la malnutrition des sujets âgés, une condition indispensable à l’amélioration de la qualité des soins dans nos civilisations?

Des études récentes retrouvaient un taux de malnutrition de 24% aux Pays-bas et de 27% en Allemagne chez les patients hospitalisés, un taux qui pouvait atteindre 33à 53% chez les sujets âgés !Des médecins Belges de l’université de Ghent et de Louvain ont donc mener une étude au sein des hôpitaux afin de déterminer le taux de malnutrition des patients âgés de plus de 75 ans en Belgique.

Au total l’analyse se fondent sur plus de 2329 patients âgés en moyenne de 83 ans. Leur indice de masse corporel moyen était de 24,7 kg/m2. 37% avaient des pathologies neurologiques (démence, dépression, AVC, délirium, traumatisme cérébral), 11% étaient diabétiques, 11% avaient une insuffisance cardiaque, 6,5% un cancer, 8% une fracture du col fémoral, 7% une infection urinaire…

33% de ces malades hospitalisés présentaient les caractéristiques d’une malnutrition et 43% étaient borderline, à risque de malnutrition. Les auteurs ne retrouvent que 24% de patients âgés bien nourrris.

Les facteurs favorisant une malnutrition ont été identifiés : l’âge, la durée d’hospitalisation, l’indice de masse corporel et la vie en maison de retraites.

Les facteurs s’associant à une malnutrition sont la vie en maison de retraites, une maladie respiratoire obstructive, un cancer, une pneumonie, une infection urinaire, une insuffisance cardiaque, un délirium, une démence, des problèmes de déglutition, des problèmes de digestion, une difficulté à mâcher, et une durée d’hospitalisation longue. L’existence de ces pathologies signe un risque de malnutrition augmenté et doit imposer une surveillance plus sérieuse des patients.

Encore plus précisément, les patients ayant du mal à mâcher sont 5 fois plus souvent malnutris que ceux sans ce problème et ceux vivant en maison de retraite sont 3 fois plus souvent malnutris que ceux vivant chez eux.

Il est majeur de veiller à une nutrition correcte, riche et diversifiée chez le sujet âgé, or seulement 24% des plus de 75 ans sont correctement nourris dans cette étude, un taux compatible avec la moyenne de ce qui est retrouvé en Europe. Qui s’en soucie ? Les hospitaliers doivent prendre en main ce problème majeur. Et les gérants des maisons de retaites ainsi que les familles doivent également veiller à la nourriture. Il est anormal que la vie en maison de retraite multiplie par 3 le risque de malnutrition. Si cette étude met en évidence ces problématique en Belgique, nul doute qu’un bilan réalisé en France retrouverait des caractéristisques similaires, sinon pire.

Source

Malnutrition and associated factors in elderly hospital patients : a belgian cross sectionnal, multicentre study
Katrien Vanderweea, Els Claysb, Ilse Bocquaerta, Micheline Gobertc, Bert Folensd, Tom Defloora
Clinical Nutrition Volume 29, Issue 4, Pages 469-476 (August 2010)

Crédit Photo Creative Commons by fotologic

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