samedi 3 décembre 2016

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Evaluation de la consommation de drogue à Paris et sa périphérie par l’analyse des eaux d’égoux

Il reste toujours difficile d’estimer réellement la réalité de la consommation des stupéfiants. En Europe 22,5 millions de personnes ont consommé du cannabis et 4 millions de la cocaïne, au cours de l’année 2009. En France, la consommation de cannabis par les 15-34 ans est passé de 0,5% à 1,2% d’utilisateurs entre 2000 et 2005. Les drogues et leurs métabolites sont éliminées par voie urinaire et se retrouvent dans les réseaux d’eaux usées. Elles contaminent ensuite les eaux de surface. Selon une étude récente,  des taux moyens de cocaïne de 0,5 à 44 ng/L sont retrouvés dans les rivières italiennes et les métabolites de la méthamphétamine à des taux 3 à 5 fois supérieurs. La mesure des drogues dans les eaux usées permet d’évaluer les consommations au sein d’une ville. Elle a déjà permis d’affirmer que la consommation était variable en fonction des jours, les consommations les plus élevées étant retrouvée le samedi et le dimanche, ainsi que les jours de fête.

En Ile-de-France, 4 centres de traitement des eaux usées ont été sélectionnés afin de déterminer la consommation de cocaïne, d’amphétamine, de méthamphétamine et de buprenorphine, un médicament utilisé sous contrôle médical dans le traitement de la dépendance aux opiacés. Le premier centre de traitement des eaux usées est situé au sud de Paris, un second traite les eaux de Paris, un troisième situé à l’ouest de Paris traite les eaux d’une zone résidentielle privilégiée et un quatrième situé au nord ouest de Paris, draine une zone à faible revenus économiques. C’est la première fois que cette technique est utilisée en France.

Les concentrations de cocaïne et de BZE (un de ses métabolites) sont  plus élevées à Paris que dans les autres zones atteignant des concentrations moyennes de 144 ng/L et 423 ng/L respectivement, alors qu’elles ne dépassent pas 46 ng/L et 172 ng/L dans les autres zones : la consommation de cette drogue et donc environ 3 fois supérieure dans le capitale.La buprénorphine est retrouvée essentiellement à Paris et dans sa banlieue ouest avec une concentration de 20 ng/L. Le MDMA est retrouvé partout mais à des concentrations restant faibles, proche de 10 ng/L. La concentrations de cocaïne est plutôt faible en comparaison de celles retrouvées avec la même méthode dans d’autres pays : en Espagne, les concentrations moyennes mesurées dans 42 centres de traitement montrent des concentrations respectives de 200 ng/L de cocaïne et de 1100 ng/L de BZE, soit entre 2 et 3 fois plus qu’à Paris. A milan, des concentrations quatre fois plus élevées de cocaïne sont également retrouvées (421 ng/L).

Rapportée à la population des 15-44 ans dans chaque zones d’habitation, les auteurs estiment que la consommation moyenne de cocaïne se situe entre 109 et 127 mg/jour/1000. Elle est de 645 mg/jour/1000 personnes à Paris la semaine et monte à 980 mg/jour/1000 personnes. A noter que les concentrations de cocaïne les plus élevées ont été retrouvées à Paris le jour de la fête de la musique organisée le 21 juin. Mesurées en terme de doses, la consommation de cocaïne correspond à Paris à 6,7 doses par jour pour 1000 personnes de 15 à 44 ans au cours de la semaine, et 6,7 doses par jour pour 1000 personnes de 15-44 ans le week-end.

Le MDMA est également retrouvé dans tous les échantillons mais de manière encore plus importante à Paris : elle est de 7,2 mg/jour/1000 personne en semaine et double le week-end.

Les amphétamines ne sont que peu détectées. La concentration de buprenorphyne reste faible à 20 ng/L.

La consommation moyenne de drogues est plus élevée au cours du week-end, la consommation de cocaïne double même dans la zone la plus pauvre. alors qu’elle ne Le traitement des eaux usées permet de filtrer la majorité des drogues : 80 à 98% des drogues sont ainsi captées par les stations de filtrage. Les scientifiques retrouvent que cette filtration fonctionne cependant moins bien au sein du centre des traitements des eaux usées en provenance de Paris.

Les drogues essentiellement consommées à Paris sont la cocaïne et le MDMA. La consommation augmente le week-end, Elle reste cependant inférieure à la consommation de grandes villes d’Espagne, d’Angleterre ou d’Italie.

Source

Estimation of illicit drugs consumption by wastewater analysis in Paris area
Sara Karolaka, Thomas Nefaua, Emilie Baillya, Audrey Solgadib, Yves Levia
Forensic science International Volume 200, Issue 1, Pages 153-160 (15 July 2010)

Crédit Photo Creative Commons by Walter Watzpatzkowski

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