mercredi 28 septembre 2016

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Pourquoi “L’évolution” a poussé l’homme vers le diabète de type 1?

Les mutations génétiques provoquant un diabète de type 1 et la poylarthirte rhumatoide pourraient également conférer à leur porteur des avantages jusqu’alors insoupçonnés. C’est l’hypothèse que formulent des chercheurs de la prestigieuse faculté de médecine de Stanford.

La théorie de l’évolution nous a appris que l’évolution se fait dans l’objectif d’obtenir un bénéfice. Pourtant des mutations de plus en plus fréquentes et d’apparitions récentes font croitre le nombre de patients souffrant d’un diabète de type 1, une maladie qui serait mortelle sans traitement, ainsi que ceux souffrant d’une polyarthrite rhumatoïde.

Les chercheurs ont donc émis une hypothèse. Ces mutations auraient pour but de protéger leurs porteurs des infections virales et bactériennes. C’est une technique évolutive déjà mise à jour. Ainsi en Afrique, les porteurs d’un gène maternel et d’un gène maternel de la thalassémie ont une anomalie des globules rouges qui, au lieu d’être ronds, ont une forme en demi-lune, causant de nombreuses douleurs et augmentant le risque d’obstruction des vaisseaux. Cependant ceux qui ne portent qu’une copie du gène sont beaucoup moins sensible au palludisme, une maladie endémique sur ce continent.

La plupart des pathologies peuvent être la conséquence, non pas d’une seule anomalie génétique, mais de plusieurs, créant ce que l’on appelle des “variants”. Ainsi pour une même maladie, différents individus auront des mutations différentes. Les auteurs ont concidéré des maladies fréquentes telles que le diabète de type 1, le diabète de type 2, la polyartrite rhumatoïde, la maladie coronaire et les troubles bipolaires, une maladie psychiatrique. Plusieurs variants de ces maladies ont été identifiés. Les auteurs ont découvert que parmi les variants les plus nombreux du diabète de type 1, 80 sont en très forte augmentation au sein de la population ce qui démontre une sélection positive de l’évolution de ces derniers. Si parmi ces 80, 58 s’associent à un risque augmenté de diabète de type 1, 22 s’associent en revanche avec un risque réduit.

Une analyse similaire démontre que l’évolution est en train de réduire le risque de maladie de Crohn, une pathologie digestive sévère et invalidante : les auteurs retrouvent plus de variants protecteurs que de variants augmentant le risque. Ce sont les porteurs des “bons” variants qui sont sélectionnés par l’évolution.

Concernant le diabète de type 2, la maladie coronaire et les troubles bipolaires, le nombre de variants positifs est actuellement équivalent au nombre de variants négatifs. Alors pourquoi l’évolution fait-elle tous ces efforts de sélection?

Une étude récente a montré qu’une mutation génétique dénommé IFIH1 qui accroit la protection contre les infections à enterovirus, un virus pouvant causer des troubles digestifs sévères potentiellement mortelles, accroit aussi le risque de diabète de type 1. Les chercheurs ont aussi constaté que la fréquence de la tuberculose est inverse de la fréquence de la polyatrhirite rhumatoïde. A cause d’une protections génétique?

Il faut cependant regarder le génome d’un individu dans son ensemble, un ensemble complexe où une mutation bénéfique peut être contrariée par une seconde, délétère. Les scientifiques de Stanford vont étendre leurs recherches et inclure dans leurs modèles cette complexité, afin de découvrir les raisons qui favorise ces évolutions, en conservant l’hypothèse qui veut que l’évolution ait une finalité bénéfique.

Source

Extreme Evolutionary Disparities Seen in Positive Selection across Seven Complex Diseases
Erik Corona, Joel T. Dudley, Atul J. Butte
PLoS ONE
, 2010; 5 (8): e12236

Crédit Photo Creative Commons by Manzabar

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