lundi 26 septembre 2016

Docbuzz

Retrouvez Docbuzz sur Twitter

Docbuzz est aussi sur Facebook

L’argent fait le bonheur mais seulement jusqu’à 60 000 Euros par an

Les études les plus récentes distinguent deux aspects subjectifs différents du bien-être. On distingue d’abord le bien-être émotionnel, que certains appellent encore l’hédonisme, qui fait référence au bonheur émotionnel quotidien, comme la fréquence et l’intensité des expériences de joie, de stress, de tristesse et de colère, bref, les affections qui rendent la vie de quelqu’un plaisante ou douloureuse, et puis, l’évaluation de la vie qui se réfère à ce qu’un individu pense de sa vie, a savoir si globalement sa vie est satisfaisante. L’argent peut-elle donc acheter le bonheur? Et si oui, à quel prix?

Pour chacune des deux évaluations, les scientifiques ont recueilli et analysé les réponses de 1000 américains sur leur bien-être subjectif. en posant en particulier la question de savoir si l’argent, évaluée par les revenus annuels des participants, faisait le bonheur, pour chacun des deux aspects subjectifs du bien-être.

Les résultats montrent que des revenus faibles semblent amplifier les douleurs liées aux infortunes de la vie telles que la maladie, la solitude ou le divorce. Par exemple, parmi ceux qui ont un revenu mensuel de 3000 dollars (2 300 euros), 38% de ceux souffrant de maux de têtes rapportent également une tristesse et des inquiétudes, et ces deux symptômes ne sont rapportés que par 19% de ceux qui n’ont pas de maux de tête. En revanche, chez ceux qui gagnent moins de 1000 dollars par mois (780 euros), 70% de ceux qui ont des maux de tête rapportent également une tristesse et des inquiétudes, contre 38% de ceux qui n’ont pas de maux de tête.

Mais, cette influence des revenus sur la sensation quotidienne de bien-être disparaît pour des revenus supérieur à 75 000 dollars par an (60 000 euros). Selon les auteurs, au delà de cette barrière, plus de revenus n’améliorent plus la capacité individuelle à accroître le bien-être émotionnel, peut-être, comme l’avait suggéré une étude précédente, par l’incapacité des plus hauts revenus, à savourer les petits plaisirs de la vie. Ainsi, l’augmentation des revenus d’un individu va de pair avec l’augmentation de la satisfaction de sa vie mais  les joies de tous les jours, le bien-être émotionnel, dépendent plus de facteurs sociaux et physiques que des revenus financiers.

L’étude montre que des revenus élevés augmentent la satisfaction que l’on a de sa vie mais n’offre pas le bonheur émotionnel, alors qu’en revanche, des revenus faibles favorisent à la fois une faible satisfaction que l’on a de sa vie et un bien-être émotionnel faible.

Source

High income improves evaluation of life but not emotional well-being
Daniel Kahneman, Angus Deaton
PNAS, early edition, september 7 2010

Crédit Photo Creative Commons by 1suisse

Articles sur le même sujet