samedi 3 décembre 2016

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L’Imagerie médicale est en retard en France et ne permet pas de répondre aux besoins de santé publique selon la Cour des Comptes.

Récemment un enquête avait montré que le taux d’équipement des IRM en France était deux fois inférieur à celui des autres pays Européens. La santé en France va de plus en plus mal, et le rapport fait par la cour des comptes, sur l’équipement en appareils d’imageries médicale, révèle à tous ce que les patients avaient déjà constaté, l’insuffisance d’équipements et les délai de plus en plus longs, l’ensemble ayant obligatoirement des répercussions, surtout en ce qui concerne la prise en charge des malades atteints d’un cancer.

Une fois encore, la Cour des Comptes dénonce : « Le régime des autorisations pour les équipements lourds d’imagerie médicale conduit à une prise en charge insuffisante des patients et à une mauvaise prise en compte des évolutions des pratiques médicales »,

Alors que la place de l’imagerie médicale est de plus en plus prégnante dans l’établissement d’un diagnostic médical comme dans le suivi de certaines pathologies comme les cancers ou de maladies cardiovasculaires, alors que les matériels évoluent considérablement et ont profondément modifié la profession de radiologue, la cour constate que “La politique suivie semble s’être limitée à la gestion d’une autorisation déconcentrée sans qu’un cadrage national ait été élaboré” et “qu’au total la politique mise en oeuvre n’intègre pas suffisamment les perspectives d’évolutions thérapeutiques, technologiques et organisationnelles“.

Il y a en France 905 scanners, 531 IRM, 337 gamma caméras et 77 générant des dépenses annuelles de 1,6 milliard d’euros qui cependant, “ne permet pas de répondre aux objectifs sanitaires“.

Tout semble avoir été fait sans objectif, ni intelligence de la part des fonctionnaires gérant ces autorisations : “En l’absence d’outils suffisants, les équipements installés ne répondent ni à des objectifs de meilleure répartition territoriale, ni à des objectifs d’efficience, ni enfin et surtout à des objectifs fixés dans le cadre de plans sectoriels par pathologies“,

Les conséquences sont payés par les patients : les inégalités entre régions sont persistantes, par exemple les objectifs d’équipements en IRM sont inférieurs à la moyenne nationale dans les trois régions où la mortalité par cancer est la plus élevée !

En plus les appareils existants sont sous-utilisés en particulier dans les hôpitaux publique comme à l’AP-HP de Paris : le nombre annuel d’actes d’IRM par machine ne dépasse pas 5.548 pour une moyenne de 4.274 et le délai d’attente moyen pour les patients hospitalisés y est de plus de sept jours. Il est parfois d’un à deux mois pour les patients non hospitalisés ! La prise en charge des malades est donc largement insatisfaisante et peu se payer au prix fort en particulier pour des maladies comme le cancer ou l’accident vasculaire cérébral ou l’accès le plus rapide est impératif pour sauver les patients.

Autre dénonciation de la gestion fonctionnariale de notre santé, le mode de tarification de la sécurité sociale n’est pas en phase avec ce qu’ont démontré les études de pharmaco-économie : la sécurité sociale paye donc des imageries inutiles parce qu’elle ne se tient pas au fait des dernières avancées, et, pour rattraper son budget, fait en sorte de limiter l’offre de soin, dénonce encore la cour des comptes : “Le mode de tarification des actes d’imagerie en coupe, qui méconnaît les études médico-économiques successives, et la prise en charge d’actes non justifiés médicalement, génèrent pour l’assurance maladie un niveau de dépenses injustifié qui n’est contenu que par un contingentement de l’offre de soins“.

Selon la cour, il est donc important de tout revoir. Il faut

–       mieux structurer l’offre d’imagerie pour une meilleure complémentarité entre des plateaux techniques de proximité et des plateaux techniques complets,

–       de faire évoluer la tarification en appliquant des forfaits techniques qui correspondent aux coûts d’investissement et de fonctionnement des appareils.

Tout le monde, y compris les ministres concernés semblent d’accord avec ces conclusions.

Source

Rapport consultable sur le site: www.ccomptes.fr/fr/CC/Publications.html

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