lundi 5 décembre 2016

Docbuzz

Retrouvez Docbuzz sur Twitter

Docbuzz est aussi sur Facebook

L’ancêtre du virus du sida a au moins 32 000 ans

Une nouvelle lumière a été projetée sur l’histoire du virus du Sida. Des scientifiques démontrent que l’ancêtre du virus que nous connaissons aujourd’hui sous le nom de VIH, le SIV, infecte les singes depuis au moins 32 000 ans, alors qu’il y a peu, on pensait encore que cette infection simiesque était récente. L’étude a été publiée le 17 septembre dans la revue Américaine Science.

Cette découverte remet en cause la manière dont on expliquait le passage à l’homme d’un virus simiesque. En fait, ayant 32 000 ans, l’homme a forcément, et de multiples fois, déjà été exposé au virus en chassant ou en mangeant des singes. Alors, que s’est il passé au milieu du XXe siècle pour que subitement, une maladie immunodépressive pour le singe, devienne hautement contaminante chez l’homme et tue en quelques dizaines d’années 25 millions d’êtres humains?

Les scientifiques ont testé 79 singe de l’île volcanique de Bioko, une île éloignée de 15 kms du continent Africain, au large du Cameroun. Cette île était auparavant un péninsule rattachée au cameroun et l’avancée de la mer l’a isolée il y a environ 10 000 ans., à la fin de l’ère glaciaire.

Quatre espèces de singe ont été testées pour le SIV, le virus simiesque dont dérive le HIV.Les quatre type de SIV retrouvés étaient différents les uns des autres, démontrant qu’ils ne pouvaient pas provenir une contamination récente qui aurait pu survenir si un singe infecté avait été apporté du continent. Les scientifiques ont pu remonter l’horloge moléculaire des 4 virus afin de découvrir de quand datait leur ancêtre commun. Ils retrouve une date comprise entre -32 000 et -78 000 ans.

Ce résultat est selon les auteurs bien plus compatible avec une diffusion du virus des côtes atlantiques jusqu’à l’océan Indien, car l’hypothèse préalable, voulant que le virus ait diffusé en seulement quelques centaines d’années n’était pas plausible selon Preston A. Marx, virologiste au centre des primates de Tulane et auteur de l’étude.

Et l’ancêtre même de ce virus simiesque qui a contaminé les singes à partir d’une espèce non identifié a lui pu exister il y a des millions d’années. Mais, il y a quelques années, d’autres scientifiques avaient démontré que les lémuriens de Madagascar avaient dans leur génome les restes d’un virus encore plus ancien que le SIV mais qui lui était apparenté. Il est plausible que des lémuriens vivant isolés sur l’île de Madagascar depuis 160 millions d’années aient dérivé sur des végétations flottantes jusqu’au continent où ils auraient pu contaminer d’autres espèces.

Toujours selon Marx, en revanche,  la contamination humaine par le virus HIV est très récente. Il aurait déjà diffusé depuis longtemps sur le continent américain suite aux déportations de millions de noirs pendant la période esclavagiste. Il existe deux virus du HIV, le HIV -1, le plus commun aujourd’hui à travers la monde, et le HIV-2 essentiellement en Afrique de l’ouest qui a contaminé l’homme suite à la chasse et à la consommation de singes de cette région. le cas de HIV le plus ancien a été retrouvé en 1959 chez un homme vivant à Kinshasa, dans un ganglion lymphatique conservé dans de la paraffine et décédé d’une maladie alors indéterminée. Ce sont probablement des contamination itératives qui ont fait évoluer le HIV vers le HIV-1 connu aujourd’hui. Il existe aujourd’hui 4 évolution reconnues du HIV-1 dénommées, M,N, O,P. Le M, qui a diffusé à l’ensemble de la planète vient directement des chimpanzés, comme N et O. en revanche P, provient des gorilles. Il a été identifié il y a un an, pour l’instant uniquement chez une femme, qui avait l’habitude de se nourrir de gorilles.

Le Dr Marx pense également que nos sociétés portent une responsabilité importante dans la diffusion de cette contamination. En effet, c’est dans les années 1950, que pour “faire le bien”, nous avons introduit des millions de seringues sur le continent africain pour débuter des vaccinations de masse. Mais à cette époque, les seringues étaient utilisées de nombreuses fois. Des médecins traditionnels les ont même adopté pour injecter leurs propres “traitements”. Cela n’est qu’une hypothèse mais a pu de toute manière faciliter l’extension de nombreuses pathologies transmises par le sang. L’extension anarchique des villes et leur surpopulation a aussi probablement joué un rôle. Avant 1910, pas une seule ville d’Afrique de l’ouest ne comptait plus de 10 000 habitants. Aujourd’hui , certaines en comptes plusieurs millions.

Voir une interview de l’auteur (en anglais)

Que faisait nos ancêtres il y a 32 000 ans?

Néandertal: qui était-il?
envoyé par neopodia. – Regardez plus de vidéos de science.

Source

Island Biogeography Reveals the Deep History of SIV
Michael Worobey, Paul Telfer, Sandrine Souquière, Meredith Hunter,Clint A. Coleman,Michael J. Metzger, Patricia Reed, Maria Makuwa, Gail Hearn, Shaya Honarvar, Pierre Roques, Cristian Apetrei, Mirdad Kazanji, Preston A. Marx
Science 17 September 2010 Vol. 329. no. 5998, p. 1487

Crédit Photo Creative Commons by leted

Articles sur le même sujet