lundi 26 septembre 2016

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Quand les excréments de gorilles nous éclaire sur les origine de la contamination humaine par le paludisme (vidéo)

Le paludisme, une maladie provoquée par un parasite, le plasmodium, est transmise à l’homme par une piqure de moustique. Le plasmodium falciparum est l’agent le plus fréquent et le plus mortel du paludime. Son origine et son évolution restent controversées. Plusieurs équipes de scientifiques internationaux publient dans la revue Nature les résultats de 10 ans de recherches sur son origine, qui contredisent la thèses antérieure, selon laquelle le parasite, qui a contaminé également certains singes africains, proviendrait de l’homme.

Les scientifiques ont développé une stratégie d’identification du parasite à partir de son génome. Les séquences de l’ADN du parasite ont été recherchées dans les excréments de singes. Plus de 3000 spécimens ont été collectés au sein des lieux de vie de ces animaux en afrique centrale. L’ADN du plasmodium falciparum a ainsi pu être identifié au sein des excréments de gorilles de l’ouest et de chimpanzés mais pas chez les gorilles de l’est ni chez les bonobos.

Les analyse révèlent que les infections par plasmodium des gorilles de l’ouest et des chimpanzés sont très fréquentes et impliquent différents parasites. En réalisant le séquencage des ADN mitochondriaux des parasites de plasmodium retrouvés dans les excréments, les scientifiques ont mis en évidence que les gorilles sont infectés par différentes souches de P. falciparum, dont une est extrêmement comparable au plasmodium falciparum infectant l’homme. Ce parasite serait donc l’ancêtre du parasite retrouvé chez l’homme. Ainsi, le parasite a d’abord contaminé les gorilles avant d’émerger chez l’homme à partir du réservoir qu’ils constituaient. Cette découverte démontre que le plasmodium falciparum retrouvé actuellement chez l’homme provient du gorille, mais pas du chimpanzé, du bonobo ni d’anciennes origines humaines.

Cette information est importante pour toute tentative d’éradication du parasite. En effet celle-ci ne serait possible qu’en éradiquant le parasite présent au sein des espèces de singes contaminés.

Source

Origin of the human malaria parasitePlasmodium falciparum in gorillas
Weimin Liu, Yingying Li, Gerald H. Learn, Rebecca S. Rudicell, Joel D. Robertson, Brandon F. Keele, Jean-Bosco N. Ndjango, Crickette M. Sanz, David B. Morgan, Sabrina Locatelli, Mary K. Gonder, Philip J. Kranzusch, Peter D. Walsh, Eric Delaporte, Eitel Mpoudi-Ngole, Alexander V. Georgiev, Martin N. Muller, George M. Shaw, Martine Peeters, Paul M. Sharp, Julian C. Rayner & Beatrice H. Hahn
Nature 467, 420-425 (23 September 2010) | doi:10.1038/nature09442; Received 25 May 2010; Accepted 20 August 2010

Crédit Photo Creative Commons by seeit_snapit

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