samedi 1 octobre 2016

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Les tests salivaires de dépistage du cannabis au volant ne sont pas fiables

Un rapport de l’académie Nationale de Pharmacie démontre que les test salivaires (RapidStat) de recherche de consommation de cannabis utilisés par les forces de l’ordre auprès des automobilistes ne sont pas fiables, pouvant donner soit des résultats faussement positifs soit des résultats faussement négatifs.

“Selon les enquêtes nationales conduites en 2008 par l’Observatoire Français des Drogues et Toxicomanies chez les 17-18 ans, 46,3% des garçons et 37,9% des filles avaient déjà expérimenté le cannabis et le nombre de consommateurs de cocaïne ou d’amphétamines a augmenté de manière spectaculaire ces dernières années, multiplié par 3 entre 2000 et 2008. Cette montée en puissance de la toxicomanie et en particulier la pandémie cannabique qui s’est installée en France depuis une dizaine d’années constitue un véritable fléau de santé publique. Le lien entre l’usage de stupéfiants et les risques d’accidents de la voie publique ou d’accidents du travail est aujourd’hui bien établi” écrit ce rapport de l’académie nationale de Pharmacie.

Si dans le cas de l’application de la loi Gayssot sanctionnant l’usage de stupéfiants chez les conducteurs, “des experts scientifiques avaient largement participé à la mise en place des tests urinaires en définissant les performances requises et les conditions d’utilisation, il n’en est pas de même avec les tests salivaires utilisés par les forces de l’ordre depuis août 2008. Par ailleurs, nous assistons depuis quelques temps de la part de certains industriels à une volonté de vulgarisation de l’usage de ces tests”.

Depuis août 2008, ce test salivaire aremplacé les tests urinaires utilisés jusqu’alors sans avoir jamais été l’objet d’aucune validation scientifique. Alors que selon le fabriquant ce test est extrèmement fiable,

Une étude en 2010 par l’Institut de Médecine Légale de Mainz en Allemagne, a révélé que le test salivaire RapidStat conduisait à 2,5% de faux négatifs et à 10,8% de faux positifs. Une autre menée en 2010 par le C.H.U. de Poitiers sur 740 dépistages salivaires, a également  montré la présence de 10,1% de faux positifs.Enfin une troisième du Service Fédéral de Justice de Bruxelles, a révélé la présence de 16% de faux positifs et 19% de faux négatifs.

Ce test n’est donc pas fiable et toute sanction portée sur un automobiliste après pratique du test par les forces de l’ordre peut donc être contestée.

Le rapport pointe également du doigt le « NarcoCheck THC Prédosage », produit en France par la société NarcoCheck, vendu aujourd’hui sur Internet au prix de 8,90 € pour permettre « aux parents de savoir si leurs enfants fument du cannabis et d’établir un réel suivi de leur consommation, en distinguant concentrations urinaires faibles, significatives ou fortes » explique le fabriquant.Or Le NarcoCheck THC Prédosage n’a fait l’objet à ce jour d’aucune validation scientifique regrette l’académie de pharmacie.

Source

Dépistage salivaire et urinaire des stupéfiants : les aspects scientifiques doivent prévaloir
Recommandations de l’Académie nationale de Pharmacie
24.09.2010

Crédit Photo Creative Commmons by martius

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