Jeudi 23 octobre 2014

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Incidence du mal des montagnes chez les trekkers du Kilimandjaro

Les alpinistes qui ascentionnent les plus hautes montagnes risquent de souffrir du mal des montagnes. Les signes cliniques de son apparition doivent être connus des trekkers car le mal des montagnes peut mettre en jeu le pronostic vital. En général, une acclimatation progressive à l’altutude permet de l’éviter et certains médicaments sont classiquements utilisés.

En haute montagne comme chez vous, l’air contient 20% d’oxygène mais la pression atmosphérique devient d’autant plus faible que l’altitude augmente, la densité de l’air diminue. Chaque respiration apporte donc moins d’oxygène, jusqu’à 50% de moins. La fréquence des respiration doit donc augmenter. La fréquence cardiaque augmente également. L’acclimatation progressive, c’est à dire stationner quelques jours à certains palliers, permet au corps d’augmenter la quantité de globules rouges dans le sang et ainsi améliorer la captatation d’oxygène.

Des scientifiques écossais et Tanzaniens ont collaboré afin de mener une étude sur l’incidence du mal des montagnes chez des alpinistes venus gravir le Kilimandjaro, la plus haute montagne d’afrique. Le kilimanjaro est situé au nord-est de la Tanzanie et est composé de trois volcans éteints : le Shira culminant à 3 962 mètres d’altitude, le Mawenzi culminant à 5 149 mètres d’altitude, et le Kibo, lculminant lui à 5 891,8 mètres d’altitude.

Les scientifiques ont comparé les effets de 3 routes de difficultés et de rapidité croissantes. Les trekkers pouvaient bénéficier d’une journée de repos et pouvaient prendre de l’acétazolamide, un médicament censé protéger du mal des montagnes. A 2743m, les auteurs ont recruté 177 participants (âge moyen 31 ans) qui ont alors complété un questionnaire. Les participants ont à nouveau complété le questionnaire arrivé à 4730 m d’altitude.

Si le corps n’est pas habitué à l’altitude, le mal aigu des montagnes apparait. Le grimpeur ressent une grande fatigue, des maux de tête, des vertiges. Il n’a plus faim, peut avoir des nausées et dors mal. Si ces symptômes ne sont pas pris en considération, alors un oedème cérébral ou un oedème pulmonaire peuvent apparaître et provoquer la mort.

A 2743 m, 5 grimpeurs sur les 177 participants présentaient déjà les symptômes du mal des montagnes. A 4730 m, 47% des grimpeurs présentaient un mal des montagnes. La prise d’acétazolamine ne modifiait pas le risque de souffrir d’un mal des montagnesLa prise d’un jour de repos à 3700 n’a pas non plus modifié le risque de souffrir d’un mal des montagnes. Seuls les sujets qui se sont pré-acclimatés présentaient une  réduction significative du risque de mal des montagnes.

La fréquence de mal des montagnes lors de l’ascension du Kilimandjaro est donc élevé. De plus au cours de ces ascensions rapides il n’y avaient pas d’effet protecteur d’un seul jour de repos ou de l’acétazolamide. Les trekkers doivent donc être vigilants et respecter les règles d’or de la montagne.

Source

Incidence and predictors of acute mountain sickness among trekkers on Mount Kilimanjaro
Stewart J. Jackson, James Varley, Claudia Sellers, Katherine Josephs, Lucy Codrington, Georgina Duke, Marina A. Njelekela, Gordon Drummond, Andrew I. Sutherland, A. A. Roger Thompson, J. Kenneth Baillie
High Altitude Medicine & Biology, 2010; 11 (3): 217 DOI:10.1089/ham.2010.1003

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