vendredi 30 septembre 2016

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Grossesse au cours d’une acromégalie

Il existe peu d’études réalisées sur le suivi des grossesses des femmes ayant une acromégalie, une maladie rare. Une étude multicentrique française a regroupé les données recueillies auprès de 46 femmes. Toutes avaient un adénome hypophysaire, une tumeur bénigne de l’hypophyse petite glande placée dans le cerveau qui produisait un excès d’hormone de croissance. Cet excès d’hormone de croissance a de nombreuse conséquences à la fois sur l’aspect extérieur (hypertrophie du nez, des oreilles, de la langue : saillie des arcades sourcilières, grosses narines, grosses mains)… Mais aussi sur les organes internes (atteintes osseuses, hypertension artérielle, insuffisance cardiaque, cardiomégalie, diabète…). Cette hypersécrétion peut être en partie réduite. Plusieurs femmes bénéficiaient d’un tel traitement.

Il y a eu 59 grossesses et 64 enfants sont nés. Quatre femmes ont eu un diabète (6.8%) au cours de leur grossesse, et 8 femmes une hypertension artérielle (13.6%). Ces maladies étaient plus fréquentes chez celles dont la sécrétion d’hormone de croissance n’étaient pas contrôlée. Une anomalie de la vision, liée à la taille de la tumeur hypophysaire a été retrouvée chez 4 femmes, une acromégalie a été diagnostiquée au cours de la grossesse chez 3 femmes. Sept femmes souffraient de maux de tête.

Un IRM cérébral réalisé 4 mois après l’accouchement a montré une croissance de l’adénome chez seulement 3 femmes, une décroissance chez 2 femmes, et est resté stables chez 22. Après l’accouchement, 17 femmes ont nourri leur enfant au sein sans aucune complication

L’action de l’hormone de croissance s’exerce par l’intermédiaire de l’IGF I (Insulin Growth Factor I). Douze femmes ont eu une baisse de l’IGF I au cours du premier trimestre de la grossesse.

Les scientifiques tirent de cette analyses plusieurs conclusions :
– Une grossesse au cours d’une acromégalie non contrôlée est plus à risque de diabète et d’hypertension,

– La grossesse peut occasionnellement s’associer à une augmentation de taille de l’adénome hypophysaire,
– Le taux d’hormone de croissance ou d’IGF I sont variablespendant la grossesse et leur contôle régulier ne doit pas être la règle,
– Le contrôle thérapeutique de l’hormone de croissance peut être supprimé après la conception chez la plupart des femmes acromégales sans risque.

Source

Acromegaly and Pregnancy: A Retrospective Multicenter Study of 59 Pregnancies in 46 Women
Philippe Caron, Stéphanie Broussaud, Jérome Bertherat, Françoise Borson-Chazot, Thierry Brue, Christine Cortet-Rudelli and Philippe Chanson
The Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism Vol. 95, No. 10 4680-4687

Crédit Photo Creative Commons by hannah8ball

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