mardi 27 septembre 2016

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Le Choléra frappe durement Haïti (vidéo)

Depuis le tremblement de terre qui a frappé Haïti le 12 janvier 2010, entraînant environ 230 000 morts, 2,3 millions d’êtres humains ont été déplacés et 1,6 million vivent dans 1 300 camps de fortune.

Le 12 octobre 2010, des cas suspects de choléra étaient décrits en Haïti. Le mardi 26 octobre  3 769 personnes étaient hospitalisés victimes du choléra et 284 décès étaient  comptabilisés. La maladie sévissait déjà en plusieurs endroits de l’île. 14% des malades mourraient au début de l’épidémie. Depuis la prise en charge des patients, ce taux a diminué mais reste important à 8% alors qu’elle devrait être proche de 1%, comme le confirme le site internet “Haïti Libre

Le 31 octobre, ces chiffres grandissaient encore avec 4414 hospitalisés et plus de 330 décés. 30% des décès sont enregistrés chez des enfants de cinq ans et plus,

Le choléra a pour origine géographique, l’Inde et précisément le delta du Gange. Plusieurs épidémies mondiales (donc des pandémies) de choléra se sont développées depuis le XIXe siècle, précisément depuis 1817, alors qu’auparavant la bactérie n’était jamais sortie de ses frontières naturelles historiques. Actuellement, sévit, depuis 1961, la septième pandémie qui a successivement touché l’Afrique, où elle continue de sévir, et les Amériques depuis 1991, où la situation Haïtienne fait l’actualité.

Le choléra, Vibrio cholerae, comporte plusieurs bactéries de sérogroupes différents dont deux (01 et 0139) sont capables de causer des épidémies. C’est le sérogroupe 01 qui sévit actuellement en Afrique et en Haïti.

L’homme est le principal réservoir du vibrion cholérique. La maladie se déclare par l’absorption par la bouche d’eau ou d’aliments contaminés. Une fois dans l’intestin, les vibrions produisent une toxine cholérique, qui provoque la diarrhée aiguë, principale responsable de l’importante déshydratation que subit le malade, et pouvant faire perdre jusqu’à 15 litres d’eau par jour, accompagnée d’électrolytes. Les diarrhées libèrent en grande quantité les bacilles qui se sont reproduit à l’intérieur de l’intestin et vont alors être responsable de la contamination de l’environnement et de la transmission oro-fécale. Les épidémies se développent  lorsque les conditions d’hygiènes sont défavorables : manque d’eau potable, entassement humain,  des situations caractéristiques de ce que vivent actuellement certains pays Africains et l’île Haïti.

Infecté par une eau contaminée ou par une transmission oro-fécale, un homme incubera le choléra de quelques heures à quelques jours, permettant ainsi sa transmission en des points éloignés du lieu de l’infection primaire. Surviennent alors de violentes diarrhées, des vomissements, tout cela sans apparition de  fièvre. Sans traitement, la déshydratation progresse vite, une apathie s’installe et la mort survient en 1 à 3 jours, parfois plus rapidement chez des sujets plus faibles, déjà fragilisés par la malnutrition, chez les enfants et les personnes âgées.

La mis en place d’un traitement consistant à réhydrater le malade par voie orale ou par perfusion intraveineuse en compensant les pertes d’électrolytes permet la guérison en quelques jours. Les antibiotiques ne sont en général pas nécessaires. En parallèle, le plus complexe est d’enrayer l’épidémie. Des mesures d’hygiènes strictes doivent être mises en place. Les selles contaminées doivent être collectées et éliminées. Il faut également éliminer les mouches qui, porteuses du vibrion, peuvent contaminer d’autres endroits.

Une vaccination peut également être mise en place. Il existe depuis peu une vaccination orale contre le sérogroupe 01 qui paraît assez efficace et protégerait 90% d’une population mais par contre uniquement pour un délai de 6 mois.

Médecin du Monde travaille à Haïti, vous pouvez faire un don à cette organisation non gouvernementale.

Source

Bulletin Hebdomadaire International N°266 20 octobre 2010 – 26 octobre 2010

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