dimanche 4 décembre 2016

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Cancer du poumon : 20% de mortalité en moins grâce au scanner hélicoïdal

L’institut National du Cancer américain a lancé en 2002 une vaste étude visant à évaluer l’intérêt d’une nouvelle méthode de détection du cancer des poumons chez des sujets à risques, des gros fumeurs âgés de 55 à 75 ans, totalisant en moyenne 1 paquet de cigarettes par jour depuis 30 ans. L’étude National Lung Screening Trial (NLST) comparaît l’efficacité de la détection réalisée par un scanner hélicoïdal à faible dose contre la radio des poumons classique, sur la mortalité.

Le scanner hélicoïdal utilise des rayons X pour scanner l’ensemble du thorax en 15 secondes en tournant autour du patient allongé sur une table au centre du scanner. Les images soont retraitées par un ordinateur qui recré des fines coupes du thorax “en tranche” permettant alors de visualiser une anomalie qui serait présente dans les poumons, par exemple un cancer. Dans le cancer du poumon, la précocité de détection fait une grande partie du pronostic.

Sur une durée de 20 mois, 53 000 patients à risque ont été orientés vers l’une ou l’autre des détection, puis traité si un cancer était mis en évidence, sachant que ces méthodes ne permettent pas une détection dans 100% des cas. En octobre 2010, les données étaient suffisantes pour suspendre l’étude, le bénéfice du scanner hélicoïdal ayant été mis largement en évidence. Les résultats ont donc été rendus public.

Les médecins ont retrouvé une baisse de la mortalité par cancer du poumon de 20% chez les patients ayant bénéficié du scanner par rapport à ceux ayant bénéficié de la simple radiographie des poumons, un résultat très significatif : 354 patients décédés dans le groupe scanner contre 442 dans le groupe radiographie. Le scanner hélicoïdal détecte très probablement les cancers mieux et plus tôt.

La mortalité totale était également 7% plus faible chez les patients ayant eu le scanner, montrant la grande capacité de détection du scanner hélicoïdal.

La question est dorénavant l’extension de cette méthode à toute la population à risque de cancer du poumon aux Etats-Unis. Il faut cependant tenir compte du fait qu’un scanner génère une irradiation qui peut, si elle est répétée, se révéler délétère pour les patients. Néanmoins le scanner hélicoïdal a ceci d’intéressant qu’il génére 20% de radiations en moins qu’un scanner classique. Un budget pour un programme national de détection devrait être voté prochainement par le congrès américain.

En Europe, une autre étude est toujours en cours aux Pays-Bas (Nelson, Nederlands Leuvens Longkanker Screenings Onderzoek).

Et en France? Une petite étude dénommée Dépiscan, avait montré l’intérêt de cette méthode de détection. Et si une vaste étude comparable à l’étude américaine avait été envisagée, ce projet fut suspendu du fait du coût. Un autre signe de la réduction de la qualité des soins en France?

Source

National Lung Screening Trial: Questions and Answers

Le dépistage du cancer du poumon par le scanner hélicoïdal est-il justifié?
A. Flahault, Dominique Costagliola
MEDECINE/SCIENCES 2007 ; 23 : 333-4

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